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EXPO PHOTOS - Les hommes de Kautokeino, la léproserie et le Mexique |
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lundi 12 janvier 2009 |
La Bibliothèque nationale accueille jusque début février la première partie d’une exposition consacrée à l’utilisation de la photographie dans les sphères privées et publiques en Norvège de 1855 à 2005. Les clichés présentés constituent un passionnant témoignage social et historique
La Bibliothèque nationale accueille puis déjà quelques semaines en partenariat avec le Musée Preus l’exposition 80 millions de photographies. Ce titre fait référence au nombre estimé de clichés présents dans les collections norvégiennes tant privées que publiques. L’objet de l’exposition découpée en deux parties est de montrer les différentes utilisations faites de la photo. Les tirages présentés ont été pris entre 1855 et 2005 (la Bibliothèque nationale accueille la première partie allant jusqu’en 1905 et le Musée Preus expose les photographies les plus récentes). Après avoir pénétré dans la salle légèrement obscure qui abrite l’exposition au rez-de-chaussée du bâtiment, il faut prendre le temps de détailler les visages et les lieux captés par l’œil et l’objectif des photographes. Nous sommes tant habitués à l’image devenue en ce début de XXIème siècle (exagérément ?) abondante que notre curiosité en perdrait de sa force et l’on est un instant tenté de juste glisser un œil rapide. Mais ces émouvants témoignages méritent plus d’attention. Ils sont prêts à nous révéler tant de choses, comme ces portraits stupéfiants et magnifiques d’hommes et de femmes pris à Kautokeino par Sophus Tromboldt qui nous parlent de noblesse et de dignité ; comme ces clichés du docteur Lyder Borthen pris à la léproserie Reitgjærdet de Trondheim. Chaque cliché accompagne une fiche rédigée en latin, une pour chaque patient, tous atteints de lèpre oculaire. Impressionnant.
Passionnant témoignage social
(Photo : Per Adolf Thorén, Rogneby – østre Toten. No 250, 1869)
Cette exposition nous présente la photographie dans toutes ses dimensions, tous ses possibles : nous montrant tour à tour des paysans au travail, la construction de bâtiments industriels, des découvertes archéologiques, des représentations de Peer Gynt au Théâtre National ou simplement nous révélant la nature environnante. Elle nous permet de voyager dans le temps mais aussi dans l’espace. Carl Sofus Lumholtz nous emmène ainsi au Mexique à la fin du XIXème siècle pour assister à une cérémonie en l’honneur du Dieu du Feu. Au fur et à mesure de la visite, l’on est frappé par la force du témoignage social offert par cette juxtaposition d’images. Il y a ces bagnards pris de face et de profil et enfermés dans un album, il y a ces parapluies et ces costumes impeccablement alignés dans la boutique de Gunerius Pettersen photographiée par Narve Skarpmoen en 1902. Il y a ces photographies rondes de Carl Størmer prises sur Karl Johan nous montrant Ibsen et Ivar Aasen. Enfin, il y a cette photo de Per Adolf Thorén prise à Rogneby, Østre Toten : au fond les bâtiments de la ferme, au premier plan les propriétaires sont installés dans de confortables fauteuils près de guéridons garnis de bouteilles et de théières ; derrière eux à respectable distance, les ouvriers, les employés et les chevaux. Chacun est à sa place qui semble dictée par son rang ou du moins par celui que l’on lui a accordé. Thierry GUENIN (www.lepetitjournal.com Oslo) lundi 12 janvier 2009
80 millioner bilder – Norsk kulturhistorisk fotografi 1855-2005 - Bibliothèque Nationale Henrik Ibsens gate 110 – du mardi au vendredi de 9h00 à 19h00, samedi de 9h00 à 14h00. Renseignements : www.nb.no
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