La position officielle du gouvernment grec rejoint l’appel au cessez-le feu défendu par l’Union Européenne. A Athènes et Thessalonique, des manifestations appelant à l’arrêt des combats ont lieu depuis quelques jours. L’effort grec concret se concentre aujourd’hui sur l’acheminement d’aide humanitaire
Drapeaux israélien et palestinien (Image libre de droit)
L’opinion publique grecque, l’ensemble des leaders des partis politiques ainsi d’ailleurs que la plupart des médias grecs se montrent extrêmement critiques face à cette nouvelle guerre qui depuis le 27 décembre a déjà fait plus de 580 victimes du coté palestinien, dont 130 membres du Hamas selon l’armée israélienne. Six soldats de l’armée israélienne, Tsahal, ont aussi péri depuis le début de l’offensive terrestre.
Des manifestations anti-guerre à Athènes et Thessalonique L’opération Plomb Durci a été déclenchée selon les autorités israéliennes en réponse aux tirs de roquettes par les partisans du Hamas sur les villes israéliennes depuis la bande de Gaza. "Une réponse disproportionnée et qui touche une population innocente", selon Vassilis, 27 ans, militant au Parti Communiste grec et présent dimanche dernier à l’une des manifestations anti-guerre se déroulant face à l’ambassade d’Israél à Athènes. "C’est une guerre injuste ! Un vrai massacre contre lequel ni l’Europe, ni les Etats-unis et encore moins le gouvernement grec ne font rien", renchérit un autre manifestant. Un sentiment partagé par le président de la Coalition (SYN), Alexis Tsipras, qui a critiqué les positions du gouvernement grec et de l'UE face aux raids dans la bande de Gaza, les accusant de soutenir cette barbarie. "Aucun gouvernement israélien n'aurait pu faire un tel crime sans la couverture des Etats-Unis et des cercles dominants de l'UE", a observé M. Tsipras, demandant d'autre part que le gouvernement grec prenne plus d'initiatives que simplement l'envoi d'une aide humanitaire. Même son de cloche au parti communiste dont la direction a appelé le peuple grec à condamner vigoureusement la position du gouvernement grec qui, "de pair avec l'UE, innocente l'Etat d'Israël pour le massacre du peuple palestinien en feignant la neutralité". Un appel qui s’est traduit dimanche par une marche de plusieurs centaines de manifestants au départ du centre ville et à destination de l’ambassade israélienne. Les manifestants ont brûlé des drapeaux israéliens aux cris de "Liberté pour la Palestine" ou encore "Israél/USA/UE : assassins ! " Des incidents ont éclaté aux alentours de l’ambassade entre manifestants et forces de l’odre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Le dirigeant du PASOK, Georges Papandréou propose un cessez-le-feu immédiat et une trêve en proposant l'instauration d'une session régionale. Selon M. Papandréou cette session régionale devrait axer ses débats sur la pacification de la région du Moyen Orient et de la Méditerranée occidentale avec un cessez-le-feu immédiat et l'instauration d'une trêve entre Israéliens et Palestiniens. La session devrait avoir également à son agenda des questions telles que les relations de l'Occident avec l'Iran et la Syrie en vue de l'obtention d'une paix durable dans l'ensemble du Moyen Orient.
L’urgence humanitaire mobilise la Grèce La ministre des Affaires Etrangères continue ses efforts diplomatiques en appelant, toujours en vain, Israél à cesser les combats. " Il faut mettre fin immédiatement aux opérations terrestres et parvenir à un cessez-le-feu, a-t-elle ainsi déclaré, il faut appliquer la politique en trois points (cessez-le-feu, aide humanitaire, processus de paix), qui a été dès le départ la position grecque, et dont nous sommes convenus, ministres des Affaires étrangères de l'UE, le 30 décembre à Paris". Dora Bakoyiannis souhaite aussi intensifier l’aide humanitaire grecque et s’est à ce titre entretenue lundi avec le chef de la délégation diplomatique de l'Autorité palestinienne à Athènes, Samir Abu Ghazaleh, de "la meilleure et plus efficace coordination pour l'aide humanitaire de la Grèce à Gaza". "Une aide immédiate est nécessaire et, après de longs efforts, les camions transportant l'aide humanitaire envoyée par la Grèce ont pu pénétrer lundi à Gaza", a déclaré Mme Bakoyannis à l'issue de cet entretien et se référant à l'aide humanitaire qui est partie samedi de Grèce à bord de deux C-130. "Notre objectif est d'organiser de la meilleure façon possible la poursuite de cette aide, et des instructions ont d'ores et déjà été données pour l'achat des médicaments et des vivres nécessaires, alors que dans une semaine un avion devrait de nouveau décoller de Grèce avec à son bord de l'aide humanitaire, et un navire devrait atteindre la bande de Gaza dans une dizaine de jours".
Des dons sur le site de l'UNICEF Le Comité grec de l'UNICEF a par ailleurs lancé un appel en faveur de la population de Gaza. "Le Comité grec de l'UNICEF fait appel aux citoyens de manifester leur solidarité en soutenant l'effort de l'UNICEF de promouvoir l'aide humanitaire nécessaire aujourd'hui en aliments, eau et médicaments pour les enfants et les mères à Gaza", souligne le communiqué. Des dons peuvent être adressés 24h/24 par tél. au 801.500.12345, ou via Internet sur le site www.unicef.gr, où de plus amples informations sont données, en particulier un numéro de compte bancaire pour les dons. "Le cessez-le-feu et la paix constituent la demande universelle de toutes les organisations humanitaires et l'unique issue pour mettre fin à cette crise humanitaire sans précédent pour notre époque", note encore le Comité grec de l'UNICEF. Adéa Guillot (www.lepetitjournal.com/athenes.html) mercredi 7 janvier 2009
Pour en savoir plus : un chat intéressant ayant eu lieu sur le site Internet du Monde
Pour en savoir plus sur la position française et l’appel de Sarkozy pour que la Syrie fasse pression sur le Hamas
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