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UN CONTE DE NOEL – L’ anti-ch'tis de Desplechin |
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| Ecrit par Betty Ruby,
le 09-01-2009 00:00
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Face aux exigences politiques de Sean Penn, le Conte de Noël d’Arnaud Desplechin n’a aucune chance. Peu importe le palmarès cannois, voici un film sensationnel qui se joue à Roubaix et est déjà en salles en France. Comme les Ch'tis ou Indiana Jones. Mais en infiniment plus nécessaire
Trois générations, et un fiel succulent (photo Why not productions) Il serait très surprenant que le jury de Sean Penn désigne le nouvel opus d’Arnaud Desplechin comme Palme d’Or. Parce qu’Un conte de Noël ne reflète en rien la situation géopolitique de l’époque. Il témoigne simplement des interrelations d’une famille un peu commune et en même temps plutôt foutraque. La direction d’acteurs est l’illustration la plus flagrante de son talent. Tous mériteraient un prix d’interprétation, car tous sont transcendés par leur personnage, leur histoire personnelle et leur manière d’être filmés. Ainsi, un bouquin, une toile de peintre ou un morceau de musique donne une âme supplémentaire et concrètement humaine à la trame littéraire qui les définit. Mathieu Amalric comme Emmanuelle Devos que Desplechin a déjà portés ensemble à l’écran (Rois et Reine, ou Comment je me suis disputé), sont d’une pertinente justesse. A la mesure exacte de tout le casting dont l’incroyable Jean-Paul Roussillon en maître de famille bonhomme et tout vieux, ou comme Anne Consigny terrifiante de pouvoir retenu, Catherine Deneuve glaciale, sa fille dans la vie Chiara Mastroianni bonnassse mais vaguement conne, ou Melvil Poupaud éternel et divin poupin.
Cynique à s’en repaître Cette histoire familiale ressemble dans son schéma scénaristique aux bons vieux Capra ou Lubitsch. L’humour en moins, la maîtrise technologique en plus. En termes de névroses poussées à l’extrême et donc à la dérision, Desplechin s’éclate. A la louche, son thème dit que la mère est affublée d’une épouvantable maladie qui pourrait la faire brûler vive, et que dans le clan, quelqu’un est porteur d’un gène possiblement salvateur. A la louche aussi, il est assez question de deuil -certaines scènes qui ressemblent à la série Urgence ou aux Experts (période Las Vegas), peuvent heurter. D’autant que dans cette morbide question de donner la vie, tout le monde est plus ou moins gentil, et tout le monde est affreusement cruel. Même si l’essentiel se joue à Roubaix. Au bout du compte, cet instantané de 2h30 d’enchevêtrement familial est d’un très réjouissant cynisme. Le cynisme n’illumine pas la marche du monde, pas plus qu’il n’apporte de réponses aux mouvements de l’humanité. L’observer dans un ordinaire travaillé permet de se solidifier. C’est sans doute paradoxal, mais c’est aussi un des charmes du cinéma que donner du sens à ce qui n’en a pas. Qu’il soit ou non primé à Cannes cette année, n’a aucune espèce d’importance. L’essentiel est de ressortir grandi d’Un conte de Noël. C’est le cas. Betty RUBY. (www.lepetitjournal.com) article du vendredi 23 mai 2008, paru dans l'édition internationale
Horaires en janvier 2009 au Ciné Lumière ven 9 : 18h30 avant-première en présence de Catherine Deneuve & Arnaud Desplechin ; attention réservations obligatoires ven16 : 5.30pm | 8.30pm sam 17 : 5.30pm | 8.30pm dim 18 : 4.30pm | 7.30pm lun 19 : 6.30pm mer 21 : 5.30pm | 8.30pm jeu 22 : 5.30pm | 8.30pm ven 23 : 5.30pm | 8.30pm sam 24 : 5.30pm | 8.30pm dim 25 : 4.30pm | 7.30pm |
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