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Depuis le 1er janvier 2006, la loi anti-tabac est entrée en vigueur en Espagne. Désormais, il est interdit de fumer sur tous les lieux de travail, y compris les espaces réservés. Une semaine après les premières restrictions, certains sont sur les nerfs…
Elena Salgado, Ministre de la Santé ( Photo Sergi Barrenechea) Une rentrée sans fumée : telle aurait pu être la devise du ministère de la Santé espagnol, en ce début d'année 2006. Le 1er janvier dernier, l'Espagne s’est en effet offert une petite révolution sociale, avec l'entrée en vigueur de la "loi anti-tabac", adoptée le 15 décembre par une large majorité de députés. Désormais, il interdit de fumer sur les lieux de travail, y compris dans les espaces jusque-là réservés aux fumeurs.
Ce n'est pas tout. Selon la nouvelle législation, les bars et restaurants de moins de 100 m2 vont devoir choisir leur camp (fumeur ou non fumeur) et les plus grands seront obligés de créer un espace aux accros de la nicotine. Restent encore les terrasses, toutefois, pour humer la fumée, ce qui ne sera bientôt plus le cas prochainement en Italie.
Alors que les Espagnols -qui figurent parmi les plus gros fumeurs d’Europe- se font à l’idée de réduire, voire de stopper, leur consommation de cigarette pour l’année 2006, la ministre de la Santé et de la Consommation, Elena Salgado, se félicite déjà des résultats atteints. Selon elle, l'entrée en vigueur de la disposition anti-tabac s'est faite dans les meilleures conditions possibles : 77% des citoyens seraient ainsi satisfaits de son application, même si 69% restent sceptiques quant au civisme des fumeurs.
Plus de pitié pour les fumeurs
Pour le moment, la loi ne prévoit aucune sanction. Dès le mois d'avril néanmoins, les amendes (de l'ordre de 30.000 à 600.000 euros) commenceront à être appliquées. "L’Espagne ne peut plus continuer à être le bureau de tabac de l’Europe", a déclaré la ministre lors d’une conférence de presse. Les encouragements des pays voisins, dont la France, n'ont fait qu’accélérer sa volonté d’en finir avec la cigarette : le vice-président de l’Assemblée nationale française lui aurait en effet envoyé une lettre de recommandation pour féliciter cette initiative, mais aussi pour rappeler que la forte différence de prix entre les deux pays diminue les effets de la politique française anti-tabac. Responsable de la santé de ses citoyens, la ministre a reconnu, récemment, être également responsable de celle de ses pays voisins… Le signe d'une fin programmée des bas prix des cigarettes espagnoles, à la grande déception des fumeurs de l'Hexagone ?
Gaelle STEVANT. (LPJ) 10 Janvier 2006 Lire aussi
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