Mardi, 14 Février 2012

Le taux de césarienne a doublé en 20 ans dans les maternités françaises. Un taux beaucoup trop élevé que dénonce une étude de la Fédération Hospitalière de France. Entre raisons médicales et justifications plus inquiétantes, il semble que la césarienne soit devenue une pratique trop anodine
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Un accouchement par les voies naturelles de moins en moins fréquent (Photo : Didier Pallages/AFP)


Une étude de la Fédération Hospitalière de France (FHF) démontre une augmentation de 50% du nombre des césariennes (20.1% en 2007 contre 10.9% en 1981). Cette étude souligne une augmentation des interventions « non-médicalement justifiées » avec notamment des écarts « difficilement compréhensibles » entre les établissements, en effet le taux oscille de 9.3 % à 43.3% selon les maternités (l’Organisation mondiale de la santé estime le taux optimal à 15%).

Pourquoi cette hausse ?
Selon cette étude, plusieurs facteurs rentrent en jeu. Tout d’abord au point de vue médical, les effets de la multiplication des grossesses tardives ainsi que de l’étude Hannah, encourageant la césarienne quand l’enfant se présente par le siège, sont invoqués.
D’autres critères plus suspects sont mis en cause par la FHF. L’incision de l’abdomen et de l’utérus est souvent privilégiée par les services d’obstétrique car elle permet une meilleure organisation et un meilleur « rendement » des services. Cette intervention est effectivement facilement programmable les jours où le personnel est le plus présent (ce qui évite de le solliciter le weekend ou la nuit) et plus rapide qu’une naissance naturelle. 
Les obstétriciens auraient également plus peur d’être attaqués en justice par des patientes mécontentes : « on vous reprochera de ne pas avoir fait de césarienne, jamais l’inverse », déclare le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). En cas de victoire du plaignant, les sanctions sont lourdes : prison avec sursis, indemnités pharamineuses (d’autant plus que dans le privé l’assurance est directement contractée par le praticien).

La césarienne bénéficie d’une bonne image
Même si la césarienne peut sauver des vies, elle peut également provoquer des troubles respiratoires chez l’enfant et comporte des risques pour la mère dont la mortalité, bien que faible (1 cas sur 10000), est 3.5 fois supérieure à celle d’une patiente délivrant par les voies naturelles.
Malgré ces risques, les mères demandent souvent aujourd’hui le recours à la césarienne même lorsque cela n’est pas médicalement nécessaire pour éviter la souffrance de la naissance mais également pour pouvoir conserver une vie sexuelle active. Les relations intimes suivant une naissance traditionnelle peuvent rester douloureuses jusqu'à plusieurs années après un accouchement.     
Philippe Descamps de la CNGOF est donc pessimiste quant à une éventuelle diminution de ce taux :"Je ne pense pas qu’on arrivera à faire baisser le taux de césariennes : entre la crainte des procès et la démarche des femmes, nous sommes pris en engrenage".
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Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) vendredi 12 décembre 2008

A lire également :

Article du Journal du Dimanche, Alerte aux césariennes inutiles

Article de Métro, Le plébiscite des césariennes