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DIPLOMATIE - Sarko et le Dalaï-Lama, un casse-tête chinois |
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| Ecrit par Yann Fernandez,
le 05-12-2008 00:04
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La tenue demain d’une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama relance le rapport de force diplomatique entre la France et la Chine. Les Chinois ont annulé le sommet sino-européen, prévu lundi dernier à Lyon, au grand dam des entreprises françaises ayant des intérêts dans l’Empire du Milieu. Le dalaï-lama, lui, souhaite que l’UE soit beaucoup plus ferme envers la Chine
En août dernier, le dalaï-lama avait été reçu à Paris par Carla Bruni-Sarkozy mais pas par le président de la République (photo AFP) Nicolas Sarkozy rencontre demain à Gdansk, en Pologne, le dalaï-lama. Le leader spirituel et politique en exil des Tibétains effectue actuellement une tournée en Europe. Passé par Prague, “Kundun” a prononcé un discours hier à Bruxelles devant le Parlement européen après avoir rencontré le chef du gouvernement belge, Yves Leterme. Son voyage européen s’achève demain à Gdansk par la célébration du 25eme anniversaire de l’attribution du Prix Nobel de la paix à Lech Walesa, ex-président polonais et co-fondateur de Solidarnosc. Nicolas Sarkozy, présent en tant que président de l’Union européenne, s’entretiendra avec le dalaï-lama en marge de cette réunion.
Intérêts commerciaux français en Chine La Chine, qui affirme que le Tibet fait partie intégrante de son territoire, a vivement protesté contre la tenue de cette rencontre et a menacé les relations franco-chinoises de dégradation. Elle a également annulé unilatéralement le sommet sino-européen prévu le 1er décembre à Lyon qui devait donner lieu à la signature d’accords commerciaux. La France entretient des relations particulières avec la Chine, marquées par une forte dégradation cette année. Après son accession à la présidence française en 2007, Nicolas Sarkozy s’était rendu dans l’Empire du Milieu revenant avec la bagatelle de 20 milliards d’euros de commandes en poche. De fait, de grandes entreprises comme Carrefour, Areva, Airbus et Alcatel Lucent ont beaucoup d’intérêts financiers sur le sol chinois. Ces intérêts ont été mis en danger suite à la réaction de la France aux émeutes tibétaines réprimées violemment par le président Hu Jintao en mars dernier. Cet été, des manifestations pro-Tibet avaient eu lieu au moment du passage de la flamme olympique à Paris. Nicolas Sarkozy avait mis en délibéré sa présence à la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, avant de s’y rendre finalement. Il avait alors renoncé à s’entretenir avec le dalaï-lama, Tenzin Gyatso, lors de la visite pastorale de celui-ci en France fin août.
Le dalaï-lama appelle l’UE à plus de fermeté La Chine dénonce toutes rencontres du dalaï-lama, qu’elle décrit comme un leader séparatiste, avec des personnalités politiques importantes. Récemment, elle a reproché à “Kundun” de ne pas désavouer le durcissement de l’opposition tibétaine en exil. Cette dernière, réunie à Dharamsala le mois dernier, à confirmer la “voie moyenne” de l’autonomie tibétaine. Cependant la frange de jeunes opposants revendiquant l’indépendance prend de l’ampleur. Le dalaï-lama a haussé le ton envers la Chine ces derniers jours. Dans une interview accordée depuis Bruxelles à l’agence Reuters, il a appelé l’UE à adopter une attitude plus ferme avec l’Empire du Milieu. Le leader bouddhiste a même comparé l’attitude du Vieux Continent vis-à-vis de la Chine avec la tentative de conciliation de Chamberlain envers Hitler dans les années 1930. Yann Fernandez (www.lepetitjournal.com) vendredi 5 décembre 2008
Lire aussi _ notre article - Le Tibet reste sur son Ni-Ni face à la Chine _ l’article du JDD – Le dalaï-lama change de voix
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