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Lundi 17 Novembre s’est tenue l’inauguration de la restauration du portail dit "du Paradis" au sein du monument Santo Spirito in Sassia. Cet événement s’inscrit dans une série de manifestations organisées par le pôle musée de la ville de Rome et le comité national pour la célébration de Andrea Bregno ; célèbre sculpteur et architecte du XVe siècle Ce monument, datant de 727 après J-C, fut à l’origine un complexe hospitalier destiné à accueillir les plus faibles. La célèbre Porte du Paradis restaurée, que l’on peut admirer à l’entrée, date de la fin du XVe siècle. Cette œuvre d’art en marbre fut attribuée à l’école du sculpteur et architecte Lombard Andrea Bregno.
Le fameux portail se présente en un grand rectangle délimité de chaque coté par des piliers de marbre avec des rainures noires et pourpres. En haut de la porte se trouve le centre de l’œuvre d’art : un arc dans lequel deux anges tiennent l’emblème du fondateur le pape Sisto IV. Ces deux éléments symboles de renaissance et de résurrection devaient ouvrir la porte du Paradis aux nécessiteux et malades qui venaient s’y soigner.
La porte du Paradis, objet de toutes les attentions (photo P.G.) Le travail de restauration La direction des biens artistiques et historiques et la direction du patrimoine architectural de Rome ont mené les travaux d’un point de vue scientifique et technique. L’état de conservation du monument était correct et la cohésion du marbre assez bonne. Le portail était recouvert de dépôts, de poussière, de résidus de calcaire et d’éclaboussures de teinte (dus aux précédentes restaurations) ainsi que d'une couche de cire protectrice. Ceci donnait au marbre un aspect marron très lointain de sa splendeur originelle. La restauratrice Barbara Di Claudio s'est vu confier la restauration de la porte sous la vigilance et la direction des docteurs Rossella Vodret et Anna Maria Pedrocchi. Le nettoyage a consisté à l’enlèvement des résidus et incrustations à l’aide de pinceaux doux, d’éponges et d’eau. Pour se faire les restaurateurs ont utilisé des produits chimiques, solvants et pâte de cellulose. Puis ils ont délicatement remis des couches de plâtre et de ciment. Enfin, les zones divergentes ont été retouchées avec des couleurs à l’aquarelle. Détail de la Porte du Paradis (photo P.G.)
Un bien revalorisé grâce à une gestion publique et privée La société Giubilarte Eventi, gestionnaire du complexe, a financé la première et unique intervention de restauration de cette œuvre d’art aujourd’hui restituée dans sa complète splendeur. Le monument a pour but d’être un centre polyvalent en capacité d’accueillir différentes manifestations. Des réunions scientifiques et médicales, des congrès internationaux, des expositions d’art, des concerts, des défilés de mode pourront s’y dérouler. Le but de cette restauration, est comme l’affirme Federica Galloni, directrice du patrimoine architectural et du paysage à la commune de Rome, d’ouvrir le complexe au public : "Les dégradations sont liées en grande partie à l’inutilisation. Le fait d’ouvrir nos biens au public les faits vivre". Francesco Maria Giro, secrétaire d’état au ministère du patrimoine et des activités culturelles, a également fait part de la préoccupation de laisser aux nouvelles générations un patrimoine beau et varié. Pascaline Giangregorio (www.lepetitjournal.com - Rome) mercredi 10 décembre 2008
L’exposition de photos retraçant les différentes étapes de la restauration, se tiendra dans le monument jusqu'au 17 Janvier 2009 durant les visites guidées chaque lundi de 10h à 15h.
Un peu d’histoire... Ce monument fut à l’origine un complexe hospitalier construit sur les ruines de la Villa D’Agrippina ou des restes sont encore visibles. Son histoire est liée à la fondation de la Schola Saxonum en 727 après J-C, quand le roi de Saxes Ina créa un centre d’accueil pour les pèlerins anglais qui venaient à Rome. Sous chaque pontificat le complexe fut agrandi. Détérioré et pillé, il fut reconstruit sous Marchionne D’Arezzo en 1198. Il fut ensuite confié à l’ordre des Hospitaliers de Santo Spirito pour assister les plus faibles. L’hôpital prit définitivement le nom de Santo Spirito in Sassia en 1201. Le complexe fut par la suite reconstruit par l’architecte Baccio Pontelli entre 1471 et 1478 à l’initiative du Pape Sisto IV. |