| Ecrit par Luisa GERINI,
le 02-12-2008 00:00
|
|
Si l’Hexagone se caractérise par son taux de natalité parmi les plus élevés d’Europe, en Italie le vieillissement de la population risque d’avoir des répercussions importantes sur l’économie et sur le dynamisme du pays. Analyse mi-sérieuse, mi-amusée des raisons qui pourraient être à l’origine de cet écart et mise en garde sur quelques conséquences possibles… "Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants"… Après avoir suivi les vicissitudes de leur héroïne préférée, les yeux écarquillés par la curiosité, les enfants francophones accueillent toujours avec un certain soulagement cette phrase qu’ils considèrent comme une sorte de formule magique. Le Bien a triomphé sur le Mal : Cendrillon, Aurore ou Blanche-Neige peuvent enfin commencer leur vie de couple avec l’homme de leurs rêves. Et pour couronner leur union, elles auront bien sûr de nombreux enfants… De nos jours encore, d’ailleurs, le nombre de naissances dans l’Hexagone ne fait que confirmer l’actualité de cette version "famille nombreuse" du dénouement de l’histoire. En Italie, par contre, où le taux de natalité est parmi les plus bas d’Europe, nous n’avons malheureusement que de vagues renseignements sur la vie que mèneront le prince et la princesse après avoir surmonté tous les obstacles : ils seront heureux, très heureux même, comme l’indique la tautologie "e vissero sempre felici e contenti"*. Et pendant longtemps aussi, ce qui est déjà un exploit, vu les difficultés que traverse actuellement l’institution du mariage. Quant à leur intention de fonder une famille, pas un mot ! On pourrait même être tentés de croire que le nombre si faible de naissances en Italie soit lié à cet oubli impardonnable plutôt qu’à une politique fiscale peu favorable aux familles qui perdure depuis des lustres…
Papa ou papi ? Quoi qu’il en soit, et malgré une timide inversion de tendance du taux de natalité en Italie rendue possible par la présence toujours plus nombreuse d’immigrés dans la Péninsule, les statistiques parlent clairement : non seulement les Italiens ont peu d’enfants, mais ils les ont de plus en plus tard. Les jeunes couples repoussent souvent la maternité bien après la fin de leurs études : ils attendent, en effet, d’avoir atteint une certaine stabilité (un travail sûr, un logement…), ce qui à l’heure actuelle s’avère de plus en plus difficile...
Un conseil, alors : méfiez-vous des faux amis qui pourraient vous induire en erreur… S’il vous arrivait un jour d’entendre un enfant dire "papi" à un monsieur dont vous n’arrivez pas à déterminer l’âge, sachez que le petit ne s’adresse pas à son grand-père comme vous seriez tentés de le croire mais à son papa, dont papi (accent tonique sur le a, bien sûr) est un diminutif affectueux. D’ailleurs, n’oubliez pas qu’il n’y a pas d’âge non seulement pour devenir mais aussi pour se faire appeler papa, et pas uniquement en Italie. La preuve ? Il suffit de penser à ce vieux monsieur à la barbe blanche, toujours habillé en rouge, qui la nuit de Noël parcourt tant de kilomètres en traîneau pour faire plaisir à tous les enfants du monde ! * e vissero sempre felici e contenti : et ils vécurent à jamais heureux et contents Luisa GERINI. (www.lepetitjournal.com - Turin) mardi 2 décembre 2008 Pour en savoir plus : http://www.indexmundi.com/map/?v=25&r=xx&l=fr
|