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OPERA - « Where elephants weep », un opéra rock très attendu Version imprimable Suggérer par mail

Ecrit par Pierre Olivier Burdin, le 27-11-2008 00:00

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La grande première de l’opéra rock « Where elephants weep » (Là où pleurent les éléphants) aura lieu vendredi 28 novembre au théâtre Chenla. Élaboré depuis plusieurs années, ce spectacle mêlant romance et fragments de l’histoire du Cambodge, s’annonce résolument novateur

Source photo:LPJ-Cambodge) Légende: Jean-Baptiste Phou et Catherine Filloux attendent avec impatience la première de leur spectacle.
Dans l’enceinte du théâtre Chenla à Phnom Penh, c’est l’effervescence. Il n’est pas 10 heures du matin que comédiens, musiciens, régisseur, chorégraphe et metteur en scène sont déjà sur le pied de guerre. La première du spectacle « Where elephants weep », auquelle tous participent, n’est plus que dans deux jours. Parmi cette foule affairée, une femme arbore un large sourire tout en contemplant les derniers réglages. Il s’agit de Catherine Filloux, l’auteur des paroles de cet opéra rock. D’origine française, mais née à San Diego au Etats-Unis, elle travaille sur ce projet depuis plusieurs années. Comme souvent, tout est parti d’une rencontre. « Après avoir côtoyé des réfugiés khmères en Californie, j’avais déjà écrit plusieurs pièces de théâtre en relation avec le Cambodge, raconte-t-elle dans un français teinté d’un léger accent anglais. En 2002, j’ai été approché par un producteur, John Burt, qui m’a fait rencontrer Him Sophy. Cela a été un moment clé et nous nous sommes mis à écrire ensemble l’histoire de ce spectacle. » La composition des paroles et de la musique passe alors par un processus commun d’écriture, « main dans la main » comme le décrit l’écrivaine. D’abord « composées au piano et à la voix », se souvient quant à lui Him Sophy, les musiques ont ensuite été réorchestrées par ses soins.

Modernité et tradition se rejoignent
« Where elephants weeps » s’inspire d’une histoire d’amour classique, intitulée « Tum Teav ». En quelque sorte, le « Roméo et Juliette » cambodgien, « à la différence que le récit a été complètement modernisé » selon Catherine Filloux. Il est en effet question du thème du retour au Cambodge pour ceux qui l’ont quitté au moment de la guerre. « Plusieurs questions s’entremêlent, poursuit l’auteur. Comment retrouver ses racines, comment accepter ce qui se passe depuis que l’on est parti et comment essayer de changer les choses. Mais c’est aussi et surtout une histoire d’amour ! » Le titre du spectacle est directement inspiré des croyances cambodgiennes. L’endroit où pleurent les éléphants lorsqu’ils cherchent leur compagne est considéré comme sacré par les Khmers. « C’est le coeur du pays et un endroit de tranquillité pour aller vers l’avenir de manière plus paisible » d’après la Franco-américaine. Cette dernière ne nous révèlera pas la fin de l’histoire, mais évoque une issue « à mi-chemin entre le happy end et la tragédie ! »
La particularité de ce spectacle réside dans sa capacité à mélanger les genres. Un choix revendiqué, comme le démontre son appellation d’opéra rock. Tout au long de la représentation, le son d’un orchestre traditionnel khmer sera mêlé à celui d’un orchestre rock. Onze musiciens au total, tous cambodgiens, et surtout des mélodies qui dénotent du classicisme habituel. Malgré son prestigieux parcours et ses nombreux diplômes au conservatoire Tchaïkovski de Moscou, Him Sophy, le compositeur, a souhaité sortir des sentiers battus. Il avoue que « l’opéra rock permet de s’adresser aussi aux jeunes. » A l’image du récit, la modernité et la tradition se rejoignent dans sa musique. « C’est quelque chose de très compliqué à mettre en œuvre et qui n’avait jamais été fait avant au Cambodge » insiste Catherine Filloux, très admirative du travail de son ami compositeur. La plupart des chansons sont en anglais, avec quelques parties en khmer. Pour faciliter la compréhension du public, des écrans de traduction dans les deux langues seront proposés. En 2007, l’avant-première du spectacle a été présentée aux Etats-Unis. Devant un public composé en majorité d’émigrés cambodgiens, il avait reçu un très bon accueil. En sera-t-il de même au Cambodge ? « On ne peut jamais savoir, répond Catherine Filloux. J’ai pourtant bon espoir, car c’est avant tout quelque chose d’amusant et facile d’accès. »

D’analyste financier à chanteur…
Sur scène, pas moins d’une vingtaine de comédiens chanteront pendant les deux heures que dure le spectacle. Dans leurs rangs, une pléiade de nationalités, parmi lesquelles des Sino-Américains, des Chinois, des Japonais, des Coréens, mais aussi… un Français. D’origine khmère, Jean-Baptiste Phou est né à Paris, il y a 27 ans. Il souhaitait plus que tout connaître le pays de ses parents. Aussi, il finit par lâcher son métier d’analyste financier à Singapour pour rejoindre le Cambodge et s’adonner à sa vraie passion, le chant. Un changement de cap radical qu’il nous raconte : « En février dernier, j’ai rencontré un producteur qui m’a fait passer une audition. Cela a été concluant et j’ai pu rejoindre la troupe de « Where elephants weep ». Pouvoir chanter au Cambodge, c’est pour moi deux rêves qui se combinent en un.» Enthousiaste, Jean-Baptiste va pouvoir participer à son premier « show » aux côtés de chanteurs confirmés, dont certains ont déjà foulé les planches de Broadway. A deux jours de la grande première, le trac commence à s’immiscer en lui : « J’appréhende, surtout quand je vois que tout est déjà complet pour la première soirée. J’espère surtout que beaucoup de Cambodgiens viendront, car ils n’ont pas forcément l’habitude de ce genre de spectacle. »
Certains pourraient cependant regretter que dans un opéra rock khmer, la plupart des comédiens soient occidentaux - excepté Ieng Sithaul, un célèbre artiste cambodgien -, mais l’important aux yeux de Jean-Baptiste «  n’est pas de faire une reproduction 100% fidèle de l’aspect traditionnel, mais de faire un spectacle de qualité. D’ailleurs, les étrangers de la troupe se sont beaucoup intéressés au Cambodge. » Catherine Filloux confirme : « Les comédiens se sont imprégnés de la culture khmère, afin de ne heurter personne lors de leur interprétation. » Avec « Where elephants weep » il est en effet question d’un pan de l’histoire et de l’identité cambodgienne. A travers cet opéra rock, c’est une certaine vision du Royaume qu’exposent Him Sophy et Catherine Filloux. « C’est le premier opéra rock cambodgien, composé par un Khmer en coopération avec des artistes internationaux, rappelle Him Sophy. Il doit être un modèle du développement culturel cambodgien et sera donc aussi destiné à des représentations à l’étranger. » Catherine Filloux partage l’avis de son camarade d’écriture : « Cette troupe a un talent incroyable et ce serait essentiel qu’elle puisse montrer le Cambodge à l’étranger par la suite. Si jamais nous n’y parvenions pas, ce serait selon moi un échec. » Avant cela, le spectacle devra déjà s’attacher les faveurs du public cambodgien, lors des six représentations d’ores et déjà prévues à Phnom Penh les 28, 29 et 30 novembre, puis les 5 6 et 7 décembre.
Pierre-Olivier Burdin (Le Petit Journal.com Cambodge) Jeudi 27 Novembre 2008

Renseignements au : +855 (0) 23 220 424
La première aura lieu le 28 novembre, au théâtre Chenla, devant un parterre de spectateurs sans doute fortunés puisque les places se vendent de 100 à 500 $. « La première est une soirée de bienfaisance » justifie Suon Bun Rith d’Amrita Performing Arts. « Nous n’allons tirer aucun bénéfice de la vente des tickets. Cette soirée est donc le seul moyen d’apporter un soutien financier au spectacle ». Que les moins fortunés se rassurent, le prix des places pour les représentations des 5, 6 et 7 décembre démarre à 2$.
A-C (LepetitJournal.com Cambodge)



Vos réactions (3)
Posté par Lutin, le 28-11-2008 01:20
...
Vu tout le bruit autour de cet évènement ils ont vraiment intérêt à assurer... Car en effet cet opéra rock est "trés attendu"... On attend une critique LPJ une fois la première passée!
 
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Posté par Marie Celine Nicole, le 04-12-2008 03:55
le droit d'entree
je pense que la culture c'est aussi un melting pot dans la diversité du public et donc dans l'égalité du droit d'entrée,alors permets de penser que le mieux ce serait que tous les habitants puissent avoir le même droit d accès;a savoir,idées: la gratuite ou un billet de 10 000 riels me parait accessible pour tous y compris pour les invites .
 
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Posté par Cambodiassimo, le 04-12-2008 04:26
Bravo!
Il ne faut pas rêver l'accès à des spectacles comme celui-ci est réservé à une certaine élite, que ce soit à Phnom Penh ou à Paris... Et tant mieux si cela permet de financer indépendamment de telles productions, et qu'elles se multiplient. Certains ont dit que c'était trop cher, la preuve est donnée que non puisque toutes les représentations sont pleines et que plus une place n'est disponible. Bravo!
 
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