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Le musée d´ethnographie de Varsovie présente jusqu´au 15 janvier une exposition inattendue sur les divers visages de Jésus-Christ tels qu’ils se révèlent dans la tradition chinoise depuis le VIIème siècle jusqu´à nos jours
La crucifixion vue d’un œil chinois (photo LPJ)
L´exposition présente les travaux réalisés par des artistes originaires de Chine ou par des artistes d´autres nationalités qui vivent ou travaillent en Chine. L´exposition n´a pas l´ambition de conter le récit de l´évangélisation de la Chine, mais bien de présenter les différentes approches et techniques employées dans la conceptualisation et la dissémination de l´image du Christ. Ce dernier est tour à tour présenté comme un sauveur, une personne idéale, comme un étranger et un barbare, opposant de Confucius, de Lao-Tze et Bouddha, ou un rebelle et un révolutionnaire.
Au cours de la visite des deux salles, vous pourrez admirer des batiks fabriquées à Nanjing, des murales de Tuija, des peintures sur soie, des tissages, des découpages réalisés par les fameux artistes protestants Fan Pu, He Qi, et Lu Wei, des assiettes en porcelaines décorées par l´atelier Tao Fong Shan de Honk-Kong, des illustrations d´opposition au Christ datant de la période Qing. UNE REPRESENTATION FORTEMENT EMPREINTE DE SYMBOLES CHINOIS
Cinq grandes étapes ont marqué l´art chinois relatif à la représentation du Christ. La première étape s´inscrit dans le cadre de la Dynastie Tang avec l´arrivée des chrétiens nestoriens. Cette période est représentée notamment par le monument en pierre qui trône à l´entrée de l´exposition, une croix sur un tapis de pétales de lotus.
La deuxième grande période est celle de l´arrivée en Chine du missionnaire Matteo Ricci, à l´époque de la Dynastie Ming, qui commanda à des artistes de Nanjing la réalisation, selon des méthodes artistiques chinoises, de copies d´œuvres chrétiennes apportées d´Europe. La troisième période, au milieu de la Dynastie Qing, est attachée à l´Empereur Kangxi. Ce merveilleux calligraphe et poète avait invité différents artistes européens à réaliser des œuvres d´inspiration religieuse tout en utilisant des techniques artistiques chinoises.
La quatrième période, au XIXème et XXème siècle, après la guerre de l´opium, correspond à une époque durant laquelle grand nombre de chinois assimilaient le christianisme à l´impérialisme. Les missionnaires appelèrent alors des artistes locaux, sculpteurs, constructeurs d´église à pratiquer des œuvres religieuses d´inspiration chinoise. La cinquième période a débuté dans les années 80.
Après la Révolution Culturelle, les églises ont été de nouveau ouvertes. L´évêque K.H.Ting a encouragé de jeunes séminaristes à s´intéresser à l´art chinois traditionnel, à la calligraphie et à développer un art chinois chrétien.
F.L. (LPJ) 21 décembre 2005 Expo
Muzeum etnograficnego
Ul. Mazowiecka 13
Varsovie
Tel.022 826 85 33
Jusqu´au 15 janvier 2006 |