Écrit par Blanche Baudouin
Malgré les décos des villes, le cœur des Français n’est pas à la fête mais au comptage et recomptage de porte-monnaie. Comment fêter dignement Noël dans ces conditions à trois sous ? Blanche a une idée
Ca y’est, les Champs-Elysées sont aux couleurs des fêtes (photo AFP)
C’est parti depuis mercredi dernier où Marion Cotillard a allumé le feu aux Champs-Elysées : les parisiennes illuminations de Noël ouvrent traditionnellement la voie aux festivités de province. Les boutiques se parent de leurs plus beaux costumes, et les grands magasins rivalisent d’ingéniosité pour attirer le visiteur de tout âge.
Dehors il fait froid, ça sent les marrons chauds, les rues des villes et les écrans publicitaires s’emmitouflent de l’imagerie cosy du bonhomme à barbe blanche.
A l’intérieur, on dépoussière les guirlandes, on fabrique d’une boîte d’œufs un calendrier de l’avent, et on allume les bougies à la cannelle… Les enfants dressent les listes de Noël à faire passer à la famille : entre la perruque de Hannah Montana, la boite à "hein"des Chtis ou le robot wall-e, les produits dérivés des succès cinématographiques les font rêver. Tout est beau, tout est doux…
Une jolie boite de Kleenex avec un petit kiki rouge et vert fera l’affairePourtant tous les observateurs en conviennent : cette année, Noël sera à chier. Plus personne n’a de ronds. Ceux qui en avaient se les ont fait avaler par les hoquets de la bourse. Ou se sont fait chourer le coffre-fort qu’ils venaient d’acheter pour y glisser les économies fraîchement retirées des comptes bancaires. Une enquête sobrement intitulée "
Les fêtes de Noël à l'épreuve de la tourmente"et publiée dans
La Tribune fiche le moral dans les chaussettes.
Il semble que les Français veulent désormais un cadeau utile. Voilà qui changerait des cadeaux vains. Au diable parfums, CD de Doc Gynéco, ou bague Chaumet. Ruons-nous cette année sur les jets dentaires, lunettes de toilettes, ou pots de moutarde Amora. Il faut être rationnel. Pourquoi ne pas offrir un bon d’achat pour un plein à la station service du coin, ou un bon cadeau à la superette de quartier ?
En même temps, le côté
plaisir d’offrir, joie de recevoir n’y étant plus, ne ferions-nous pas mieux, tout bonnement d’annuler Noël ?
Blanche BAUDOUIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 26 novembre 2008