Francis Lott, ambassadeur de France en Argentine, a reçu Lepetitjournal.com pour un entretien dans lequel il analyse les faits saillants des relations franco-argentines actuelles et leur projection pour 2006. L'occasion, également, d'adresser un message de fin d'année à toute la communauté française établie dans le pays
Francis Lott, ambassadeur de France en Argentine, a reçu Lepetitjournal.com pour un entretien dans lequel il analyse les faits saillants des relations franco-argentines actuelles et leur projection pour 2006. L'occasion, également, d'adresser un message de fin d'année à toute la communauté française établie dans le pays
Lepetitjournal.com : Comment définiriez-vous les relations entre la France et l'Argentine à ce jour ?
Francis Lott : Les liens entre les deux pays sont très forts, très dynamiques dans tous les domaines. Nous travaillons chaque jour pour améliorer les relation bilatérales. Nous avons continuellement des réunions avec le gouvernement afin de coordonner les affaires de politique extérieure entre les deux pays. Nos actions communes concernant les droits de l'homme sont elles aussi très actives et positives. Et il en va de même dans le domaine de la culture, afin de protéger par des initiatives concrètes touts les aspects de la diversité culturelle.
LPJ : Pourtant Jacques Chirac ne séjournera pas en Argentine lors de son voyage en Amérique du Sud, qui le conduira au Brésil et au Chili...
F.L. : Il n'a jamais été question d'exclure Buenos Aires ! Le Président se rend au Brésil pour inaugurer le pont sur l'Oyapock, le fleuve qui marque la frontière Est de la Guyane française avec le Brésil. Quant au Chili, voilà plus de 40 ans qu'aucun président français ne s'était rendu dans ce pays.
LPJ : Y a-t-il des missions françaises en Argentine prévues prochainement ?
F. L. : Mi-janvier, il est prévu d'effectuer à Buenos Aires des consultations politiques à haut niveau des fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères respectifs. Et du 13 au 18 mars nous attendons notre bateau-insigne, la Jeanne d'Arc. Le gouvernement français cédera à cette occasion à la marine Argentine un TCD (transport de chaland de débarquement de 5.965 tonnes à vide), l'Ouragan.
LPJ : Pensez-vous qu'il peut il y avoir des réactions de l'Argentine envers la France au vu des résultats de la réunion de l'OMC à Hong-Kong, qui a reporté à 2013 les subventions agricoles à l'exportation ?
F. L. : Le voyage en Argentine fin juillet de Dominique Bussereau, ministre de l'Agriculture, consistait précisément à expliquer au gouvernement argentin les innombrables raisons qui font que la France et l'Europe ne pouvaient supprimer abruptement les mécanismes mis en place pratiquement depuis la création de l'Europe - une Europe où, après la guerre, il n'y avait plus d'agriculture. Au début, 100% du budget de l'UE lui était destiné. Actuellement il s'agit de 40%. Mais nous n'avons pas à en rougir puisque l'UE achète près de 30% de la production agricole argentine.
LPJ : L'Argentine a nommé un nouvel ambassadeur à Paris...
F. L. : La proposition du Ministère des Affaires Étrangères argentin concernant la candidature de Eric Calcagno nous a été remise et nous l'avons transmise au gouvernement français qui nous fera parvenir sa réponse dans les délais habituels. Eric Calcagno est un ancien de l'ENA et, à ce titre, il a participé à la réception qui a eu lieu dernièrement à l'Ambassade, en commémoration du 60ème anniversaire de l'institution.
LPJ : A la tête d'un important groupe de chefs d'entreprise français, vous n'avez pas tardé à rencontrer le nouveau ministre de l'Economie, Felisa Miceli, mardi dernier ?
F. L. : Cette rencontre a eu lieu dans la lignée des réunions périodiques que nous maintenions habituellement avec l'ancien ministre Roberto Lavagna. Notre souci est d'ouvrir la voie officielle aux chefs d'entreprise français, afin qu'ils soient reçus par les autorités de la meilleure manière possible. Il s'agit de leur donner la possibilité d'exprimer de façon directe leurs préoccupations sur divers sujets, tels que les problèmes sociaux, les impôts, les prix, la prévisibilité et la sécurité juridique. Ces questions ne sont d'ailleurs absolument pas spécifiques à l'Argentine : elles se posent dans tous les pays qui mettent en oeuvre des plans de développement et de progression !
LPJ : De nouveaux investissements français sont-ils prévus ?
F. L. : La société Dreyfus installée en Argentine depuis 1910 a l'intention d'investir 60 millions d'euros dans la construction d'un nouveau port destiné au trafic céréalier et de farines. Sanofi Aventis a inauguré fin novembre un laboratoire destiné à la recherche et à l'élaboration de vaccins, soit 24 millions d'euros. Carrefour, qui emploie actuellement 17.000 personnes, continue sa politique d'expansion dans diverses provinces. Puis Peugeot, Total Alcatel, LVMH et bien d'autres... N'oubliez pas que la France est le troisième investisseur étranger en Argentine, avec plus de 250 entreprises installées dans le pays et des investissements de plus de 10 milliards de dollars américains !
Lepetitjournal.com : Pour conclure, vous souhaitez adresser un message de fin d'année à toute la communauté française établie dans le pays...
F. L. : Je pense que cette Ambassade est très proche de la communauté française qui se trouve en Argentine et qu'elle fait en sorte d'appliquer tous les moyens possibles pour répondre à ses soucis. Nous maintenons un contact permanent avec les conseillers élus des Français de l'Etranger ainsi qu'avec le Consulat et avec toutes les associations françaises présentes en Argentine. Contact auquel s'ajoute un appui "sur le terrain" puisque je me déplace sans cesse. Je voulais donc m'adresser à toute cette communauté française d'Argentine, à travers Lepetitjournal.com, et lui souhaiter d'heureuses fêtes, si possible en famille, et une très bonne année 2006.
Propos recueillis par Suzanne Thiais. (LPJ Buenos Aires) 21 décembre 2005 |