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L’explosion hier d’un engin explosif au beau milieu des manifestants antigouvernementaux met fin à la trêve observée pour la cérémonie de crémation de la sœur du roi. En réponse à cette attaque qui a tué un homme et fait 29 blessés, l’APD a exprimé sa colère contre les autorités et a appelé à un grand rassemblement dimanche pour en finir avec le gouvernement L’explosion d'hier a été provoquée par un tir de lance-grenades M-79 depuis un bâtiment voisin, selon la police. L'engin a traversé le toit de la tente qui abritait les manifestants (Photo Emmanuelle Michel)
Un engin a explosé jeudi à 3h28 dans le complexe abritant les bureaux du Premier ministre, où sont rassemblés depuis trois mois des manifestants anti-gouvernementaux appartenant à l'Alliance du peuple pour la démocratie (APD). L'explosion s’est produite devant le principal podium érigé par les opposants quelques heures seulement après la fin des funérailles de la soeur du roi. Trente manifestants ont été blessés et ont été évacués vers des hôpitaux voisins, ont indiqué les services de secours. L'un d'eux, un homme de 48 ans, a succombé plus tard à ses blessures. Deux autres personnes sont toujours dans un état sérieux. L’explosion aurait été provoquée par un tir de lance-grenades M-79 depuis un bâtiment d’Etat voisin, selon le chef adjoint de la police nationale, le général Jongrak Chutanont. Cette explosion met fin à la trêve politique observée depuis la semaine dernière à l'occasion des obsèques nationales de la princesse Galyani Vadhana. L'occupation du siège du gouvernement dure depuis le 26 août mais les autorités, impuissantes, ont exclu le recours à la force pour déloger l’APD. En raison de l'occupation de ses quartiers, l'équipe gouvernementale a aménagé depuis septembre des bureaux temporaires dans des locaux désaffectés de l'aéroport Don Muang. Menaces de violences de part et d’autre Hier, les représentants de l’APD ont exprimé une vive colère. "C'est la dernière attaque qui sera lancée contre nous. La prochaine visera nos adversaires", a averti Anchalee Paireerak, une porte-parole de l’APD. En milieu d’après-midi, quelque 300 sympathisants de l’APD ont placé le cercueil contenant le corps de la victime à l'arrière d'une camionnette et l'ont transporté jusqu'au quartier général de la police de Bangkok pour exiger que justice soit faite. Le chef de file de l’APD, Sondhi Limthongkul a déclaré que l’utilisation d’une arme de guerre dans cet attentat prouve l’implication de personnalités du gouvernement et de la police. En réponse à cette nouvelle attaque, l’APD a annoncé hier lors d’une conférence de presse, une grande manifestation dimanche pour "arrêter le gouvernement de tyrans" qu’il considère extrêmement corrompu et dévoué à l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra. Il a appelé ses partisans à se retrouver dimanche à 14h pour un rassemblement massif devant le Parlement. "Nous avons manifesté pendant 180 jours" et "ce sera le dernier combat", a affirmé le général de réserve Chamlong Srimuang, un des fondateurs de l’APD. Un officier militaire pro-Thaksin, le général Kattiya Sawasdiphol, a pour sa part averti l’APD que le projet de manifestation devant le Parlement déboucherait sur un massacre. "Ceux qui veulent rejoindre la manifestation [de dimanche] devraient réserver un temple pour leurs propres funérailles”, a-t-il affirmé, cité par The Nation. "Puissiez-vous être unis, vous périrez en groupe". Le Premier ministre a appelé les manifestants à poursuivre leur mouvement dans le respect de la loi. Le chef du Conseil National de Sécurité, Surapon Peunaiyaka, a estimé quant à lui que de nouvelles violences étaient peu probables, "la police ayant tiré les enseignements des dérapages du 7 octobre", a-t-il dit. Le Chef de l’armée, le Général Anupong Paochinda a fait savoir que les militaires étaient prêts à assister la police en cas de besoin. P.Q. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) vendredi 21 novembre 2008 Situation de plus en plus explosive La Thaïlande, surtout Bangkok, est profondément divisée entre partisans et adversaires de Thaksin Shinawatra, l’ancien premier ministre renversé en 2006 par des généraux légitimistes qui lui reprochaient notamment son attitude insultante vis-à-vis du roi et le niveau de corruption de son gouvernement. Thaksin, en cavale à l'étranger depuis août pour fuir la justice, fait aujourd’hui l’objet d’une condamnation par contumace à deux ans de prison pour "conflit d'intérêt". Il se trouverait actuellement à Dubaï. Les manifestants ont juré de rester au siège du gouvernement tant que Somchai Wongsawat, beau-frère de Thaksin, resterait Premier ministre. L’APD a de toute façon promis de faire tomber tout Premier ministre pro-Thaksin. Les incidents se sont multipliés depuis le début de l'occupation du siège du gouvernement. Le 7 octobre dernier, la police avait dispersé sans ménagement des milliers de manifestants pro-APD qui avaient bloqué les accès au Parlement de Bangkok. Ce jour-là, deux personnes avaient été tuées et 478 blessées. Le 4 novembre, une grenade avait été lancée en direction de volontaires de la PAD sans faire de victimes. Une semaine plus tôt, dix sympathisants de l’APD avaient été blessés par un autre jet de grenade. Alors que le roi ne s'est toujours pas exprimé publiquement par rapport aux turbulences que traverse son royaume, les tensions entre les deux camps montent de plus en plus. Thaksin prévoit une nouvelle allocution téléphonique le 13 décembre, comme il l’avait fait le 1er novembre au Stade Rajamangala. (LPJ - 21/11/08) |