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Fort de ses 200 km et de ses 175 stations, le métro de Mexico est un espace dynamique, qui se veut culturel et pédagogique. Il offre aux voyageurs, pour un instant de tranquillité avant la tempête des wagons bondés, des expositions poétiques ou éducatives. Petite visite guidée. 
Réalisation par des artistes contemporains. (Source Alexandra Beugnet) Un espace pour les artistes Au détour d’un couloir de la ligne 2, dans la station fourmillante de Pino Suarez, un monstre hideux et dégoulinant nous accueille. Il s’agit de l’exposition « Esculturas de Terror », que nous présente l’artiste Jesús Ballesteros Martínez. Dans la même station, alors que les travaux pour réaménager la place centrale qui abrite la pyramide du Dieu Ehecatl (dieu du vent) sont à peine terminés, on peut apprécier le travail de collage des femmes détenues de la prison Santa Martha, fruit d’un atelier organisé par la Commission Générale des Droits de l’Homme du District Fédéral. Depuis plusieurs années déjà, le Sistema de Transportes Colectivos, en association avec le Secretaria de Cultura, l’UNAM et le Musée del Chopo, propose toute une sélection d’expositions et d’activités culturelles ou éducatives aux voyageurs. Ainsi, en plus des expositions temporaires (26 pour le mois de novembre, dans tout le réseau), il y a également les expositions permanentes de photos scientifiques de la station La Raza, ou encore les muraux réalisés par des artistes contemporains. Performances et spectacles souterrains Mais le métro ne se contente plus d’expositions : les stations et les wagons sont maintenant le lieu de spectacles et de performances délirantes. Ce mois-ci, l’événement « Poesía y Movimiento » a été le moment d’écouter la lecture de poèmes, grâce à l’intervention des poètes Cesar Cortes et Arturo Sodoma. Dans un autre style, « Rock Al métro » a été l’occasion de découvrir des groupes indépendants de rock dans les stations Pino Suarez et San Lazaro. Peut-être vous souvenez-vous des performances de danses nommées « Danza al Minuto », pendant lesquelles des danseurs virevoltaient gracieusement entre les sièges des wagons ? Ou encore les spectacles de clowns, les concerts et les pièces de théâtre, montés un peu à la va-vite, mais toujours audacieux et inventifs ? Un peu d’éducation L’UNAM, de son côté, se dédie à l’éducation des voyageurs. Sur les panneaux d’information, les usagers s'informent sur la nocivité des solvants, le SIDA, les dangers de la cigarette. La station Universidad propose des livrets éducatifs sur le scorpion et sa piqûre, le changement climatique, la biotechnologie, etc. Entre les stations Zocalo et Pino Suarez, le couloir du livre non seulement offre une importante sélection de livres et de bandes dessinées, mais organise également des conférences et des discussions. C’est un pari pour le Sistema de Transporte Colectivos de rendre agréables les trajets souvent très pénibles pour les usagers. La chaleur, le bruit, l’odeur, la foule et le service qui laisse parfois à désirer font du métro un lieu de transit fatigant. Alors pourquoi ne pas s’offrir quelques minutes de répit et flâner, sourd au mouvement, devant les expositions « Graffiti » (Pantitlán) ou "Mexico 68" (Salto del Agua) ? Par Alexandra Beugnet (www.lepetitjournal.com) mardi 18 novembre 2008 {mxc} |