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La Pologne a commémoré mardi dernier le triste anniversaire de l´établissement de la Loi Martiale. 24 ans après les polonais se souviennent de ce 13 décembre 1981 pour éviter que l´histoire ne se répète
Comme tous les ans, plusieurs centaines de personnes se sont réunies le 13 décembre devant la maison du Général Jaruzelski, âgé aujourd´hui de 81 ans. Ce dernier soutient que cette Loi martiale a permis d´éviter l´entrée des troupes soviétiques en Pologne, mais aucune preuve ne conforte sa version des faits. Les manifestants sont venus apporter leur soutien au Général, d´autres demander son emprisonnement.
Tôt dans la matinée, de jeunes gens ont défilé devant le château de Varsovie, vêtus de l´uniforme de la police militaire communiste, pour que chacun se souvienne de l´atmosphère qui régnait alors ce triste jour de décembre 81. Durant toute la journée, toutes les heures, des hauts parleurs installés dans la vieille ville de Varsovie ont diffusé le discours du Général annonçant l´état de siège. Plusieurs conférences ont été organisées. Un travail de commémoration mais surtout aussi de souvenir de l´horreur pour tous les polonais. UN REVEIL SOUS LA TERREUR
Le dimanche 13 décembre 1981, les Polonais se réveillent dans un pays soumis à la Loi Martiale. Votée sous la menace par les membres le Conseil d´Etat, la loi est administrée par le Comité Militaire de Salut National, dirigé par le Général Jaruzelski. Mise en œuvre pour "défendre le socialisme", elle est, en vérité, destinée à stopper les velléités du seul syndicat indépendant de l´époque. Solidarnosc porte l´espoir de la population de faire pression sur le gouvernement pour mettre en œuvre des réformes économiques et diminuer les restrictions. Les Soviétiques, très vite inquiétés, encouragent le gouvernement et le parti communiste polonais (PZPR) à déclarer illégal ce syndicat. Une décision "trop simple", selon le Général Jaruzelski qui opte pour une solution plus drastique. UNE TERRIBLE REPRESSION
Les arrestations et les emprisonnements de milliers de leaders et activistes de Solidarnosc, de Lech Walesa, de figures importantes du précédent gouvernement se multiplient. Les frontières, les aéroports sont fermés, les routes contrôlées, des autorisations de circuler exigées. Le couvre feu est imposé entre 10 heures du soir et 6 heures du matin. Les lignes de téléphone sont coupées, le courrier soumis à la censure. Tous les syndicats et autres organisations indépendantes sont déclarés illégaux. Les programmes télévisés et radiophoniques sont suspendus à l´exception de ceux du gouvernement. L´administration publique, les services de santé, les mines, les ports, les gares ferroviaires, et la plupart des principales entreprises sont sous la direction de l´armée. Ecoles et cours dans les universités sont suspendus. UNE RESISTANCE LONGUE ET DOULOUREUSE
Les Polonais résistent activement contre la Loi Martiale en organisant des grèves et des manifestations dans les rues, mais toutes sont brutalement réprimées. La loi martiale est suspendue le 31 décembre 1982 et abrogée le 22 juillet 1983. Il a fallu attendre néanmoins la fin des années 80, les interventions du Pape Jean Paul II, l´obtention par Lech Walesa du prix Nobel de la Paix, la détente et le début de la fin de la guerre froide, puis l´arrivée au pouvoir de Solidarnosc en 1989 au terme des premières élections libres organisées en Pologne depuis la deuxième guerre mondiale, pour voir disparaître l´ensemble des décrets restrictifs et inconstitutionnels de cette époque.
F.L. (LPJ – Varsovie) 19 décembre 2005
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