| Ecrit par Christine Leang,
le 17-11-2008 01:01
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A l'occasion de l'arrivée du Beaujolais nouveau ce jeudi 20 novembre, retrouvez chaque jour un article qui vous fera découvrir les acteurs, le marché, ainsi que les lieux où déguster le cru 2008 à Shanghai. Aujourd'hui, rencontre avec Jerry Liao, un des rares sommeliers chinois
Originaire de la province du Xinjiang, Jerry Liao est arrivé à Shanghai à l’âge de 22 ans pour y tenter sa chance. En moins de six ans, il a gravi les échelons un à un, en commençant par le poste d’Assistant Caviste, puis travaillant successivement comme Commis, Serveur, Barman et Assistant Sommelier. Faisant ses armes au M on the Bund, Jean-Georges, Sens&Bund, tout autant de grands noms de la scène gastronomique shanghaienne, il s’est formé seul à la sommellerie, et est aujourd’hui Assistant F&B Manager du boutique hôtel Jia.
Comment êtes-vous devenu Sommelier ? Lorsque j’ai commencé en tant qu’Assistant Caviste au restaurant M on the Bund, je n’avais jamais bu de vin de ma vie et les termes « Burgundy », « Pinot noir », « Cabernet Sauvignon » étaient tout simplement imprononçables ! Pour moi toutes les bouteilles se ressemblaient, mais j’étais fasciné par tant de références différentes venant du monde entier.
Comment vous êtes-vous formé à la sommellerie ? C’est mon bon niveau d’anglais qui m’a fait sortir de ma cave pour aller en salle, où j’ai débuté en tant que Commis. Puis, comme je connaissais déjà parfaitement la carte des vins, j’ai été mis en charge du bar. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à former mon palais. La lecture incessante d’ouvrages spécialisés était essentielle, mais l’apprentissage de la langue fut décisive (après deux ans à l’Alliance Française, Jerry parle couramment français). C’est toute une culture qu’on découvre à travers sa langue. J’ai ainsi pu comprendre l’importance du vin dans la culture française.
Avez-vous un vin de prédilection en particulier ? Les deux dernières maisons dans lesquelles j’ai travaillé m’ont fait découvrir de nombreux vins italiens. Dernièrement, j’ai eu un coup de cœur pour l’Antinori Tignanello, un assemblage idéal de Sangiovese, Cabernet Sauvignon et Cabernet Franc.
Quelle recommandation donneriez-vous à une personne novice qui souhaite commencer son éducation sur le vin ? Commencer par un premier cépage et tout apprendre sur lui : ses lieux de production, ses notes, sa couleur, et déguster plusieurs vins de ce cépage. Une fois qu’on est familier avec ce premier cépage, les connaissances acquises serviront de point de comparaison pour la découverte d’un second cépage, et ainsi de suite.
Que pensez-vous du Beaujolais nouveau ? Je le comparerais à un vêtement qu’on choisit de porter pour une occasion spéciale, et dont on aurait fait l’achat car on sait que notre garde-robe habituelle ne ferait pas l’affaire. Tout comme il ne serait pas approprié de porter ce vêtement avant ou après la dite-occasion. Il en va de même pour le Beaujolais nouveau : quand l’heure de sa dégustation arrive, si vous la ratez, mieux vaut le laisser au placard ! Christine Leang (www.lepetitjournal.com - Shanghai) 17 novembre 2008
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