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CONFERENCE - Alexandrie et l’art de la mosaïque |
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mardi 18 novembre 2008 |
Le Centre culturel français d’Alexandrie a abrité lundi 10 novembre une conférence sur l’art de la mosaïque alexandrine animée par Jean-Yves Empereur. Spécialiste reconnu de l’archéologie sous-marine d’Alexandrie, il a retracé les origines grecque et romaine de cet art que la ville s’était approprié et qui connaît aujourd’hui une renaissance.
Jean-Yves Empereur - Photo Amadou Diallo
« A l’instar de la vigne ou de l’olivier, l’art de la mosaïque est typiquement méditerranéen et on le retrouve en Turquie, en Grèce, au Maroc, ou en Espagne». Tels sont les propos par lesquels le conférencier Jean-Yves Empereur a ouvert la séance. L’art de la mosaïque est né à Pella, ville natale d’Alexandre le Grand, au nord de la mer Egée (nord de la Grèce). On pensait qu'il s'était établi à Alexandrie avec l’arrivée d’Alexandre le Grand, fondateur de la ville. Mais en à croire Empereur, la plus ancienne mosaïque d’Alexandrie serait antérieure à la fondation de la ville, le 21 janvier 331 avant Jésus-Christ. Après ces quelques rappels historiques, le conférencier décrit les étapes constitutives de la restauration d’une pièce de mosaïque tels que le calque, le gazage et enfin la transposition de la pièce. La lave de volcan, réputée très légère ou le plancher d’avion, un matériau à la fois léger et solide entrent également dans le processus de reconstitution des pièces. Grâce à ce travail minutieux, des mosaïques de grande valeur comme La Méduse ont pu être restaurées.
Une spécialité alexandrine En dépit des origines macédoniennes de la mosaïque, Alexandrie a, au fil du temps, produit un art de la mosaïque très caractéristique. En effet, « la mosaïque alexandrine est originale en ce sens qu’elle est souvent taillée dans du porphyre venant de la Haute-Egypte, avec une grande présence de la couleur bleue provenant d’une faïence typique de l’Egypte et spécialité de l’Alexandrie grecque et romaine ».
Renaissance des « Peintures de pierres » A côté de ces fameuses mosaïques antiques, la mosaïque est toujours présente dans le paysage urbain de l’ancienne perle de la Méditerranée. Aussi peut-on admirer aujourd’hui les grandes fresques qui ornent les façades de l’hôpital militaire de Sidi Gaber, celles de Chatby sur la Corniche ou le quartier Bahari près du fort Qait Bey. Elles sont souvent exécutées suite aux commandes du Gouvernorat d’Alexandrie. D’autres sont également visibles dans certains restaurants et cafés de la ville et proviennent de commandes privées. D’ailleurs « son introduction dans les programmes de l’Ecole des Beaux-arts d’Alexandrie et l’ouverture prochaine d’un Musée de la mosaïque dans la ville, sont autant de gages de la renaissance de ces ‘peintures de pierre’ » conclue Jean-Yves Empereur.
Texte et Photos : Amadou DIALLO (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mardi 18 novembre 2008 |