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L'Argentine remboursera par avance, d'ici la fin de l'année, la totalité de sa dette (9,810 milliards de dollars) envers le Fonds monétaire international (FMI). Kirchner préfère piocher dans les réserves plutôt que de payer davantage d'intérèts et de subir encore l'ingérence du FMI
L'édifice du FMI à Washington DC (photo FMI)
Jeudi 15 décembre, le Président Néstor Kirchner a annoncé l'acquittement par avance de la totalité de la dette de l'Argentine envers le FMI ( 9,810 milliards de dollars). D'ici 15 jours, le pays aura remboursé grâce aux réserves de la Banque Centrale (BCRA). Mardi dernier, le Brésil a communiqué une mesure équivalente.
Le montant de la dette représente le 36,6% des réserves du pays. Ce remboursement anticipé signifie une épargne de presque un milliard de dollars sur les intérêts (au taux de 6,5%.).
Les réserves du pays s'élèvent à 26,8 milliards de dollars et la masse monétaire en circulation est de 55,251 milliards de pesos argentins (quelques 18,4 milliards de dollars). Après, le paiement de la dette, les réserves demeureront légèrement en-dessous de la base monétaire. La différence se verra compensée par l'achat de devises, action déjà initiée dès vendredi 16 par la Banque centrale argentine avec l'achat de un milliard de dollars. Les achats de devises permettront aussi le maintien de la valeur du dollar vis-à-vis du peso. Vendredi dernier le taux de change au public a atteint 1 dollar = 3,07 pesos, son maximum du mois Un désengagement qui force l'Argentine à faire face à ses responsabilités. Le remboursement au FMI ne représente qu'un peu moins de 9% de la dette totale de l'Argentine (126,4 milliards de dollars). Mais ce désengagement est un vieux rêve de Kirchner, et de son ancien ministre de l'Economie, Roberto Lavagna, qui n'a pas manqué de déclarer que "l'Argentine est sur la bonne voie". Le gouvernement a préféré réduire d'un tiers ses réserves que de continuer à subir les périodiques audits et exigences du FMI, organisme clairement détesté et toujours durement vilipendé par Kirchner. Toutefois, "l'Argentine a devant elle de nombreux défis" a déclaré le Président. En effet, le pays devra renforcer ses excédents, corriger les distorsions tarifaires, faire face à l'insuffisance des investissements, réduire son déficit en infrastructures (surtout énergétiques) et établir une stratégie claire face à l'inflation qui frôle cette année les 12%.
Il faudra aussi qu'elle revoit ses engagements vis-à-vis d'autres pays (Espagne, 750 millions de dollars), et d'autres organismes de prêts internationaux tels le Club de Paris (3,6 milliards de dollars), et la Banque Mondiale et la Banque Internationale du Développement entre autres qui financent actuellement une bonne partie des plans sociaux et certains ouvrages d'infrastructure. Suzanne Thiais. (LPJ - Buenos Aires) - 19 décembre 2005
Bref historique de payements anticipés des dettes envers le FMI
Août 2000, le Mexique (3 milliards de dollars)
Février 2005, la Russie (3,3 milliards de dollars)
Décembre 2005, le Brésil (15,5 milliards de dollars) |