Écrit par Marie Pierre Martin
Le développement rapide de la recherche sur les greffes à base de sang de cordon et l’efficacité thérapeutique des cellules souches qui s'y trouvent soulèvent de grands espoirs. 10 propositions ont été présentées au Sénat pour que la France rattrape son retard dans la collecte et l'utiisation du sang placentaire
Marie-Thérèse Hermange, sénatrice UMP de Paris, veut de la dignité autour du cordon (photo AFP)
Le cordon ombilical fait l’objet de toutes les attentions des scientifiques. Depuis 1989, la greffe de sang de cordon a démontré son efficacité dans plus de 85 maladies liées au système sanguin, (leucémies, anémie), ou immunitaire (bébé bulle). En raison de sa grande richesse cellulaire, le cordon permet d’engendrer ou de reconstituer les différents tissus composant l’organisme (vessie, nerfs, cornée, fragments de foie, valves cardiaques…). Des résultats remarquables, obtenus sans soulever les problèmes éthiques de la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Les applications pourront aussi concerner les greffes de peau chez les grands brulés et le traitement des maladies neurologiques ou génétiques.
La France au 16e rang mondial seulement dans le stockage de sang placentaireLes cellules souches contenues dans le cordon ombilical sont faciles à obtenir. Le don de cordon est une procédure inoffensive et sans risque, pour la mère comme pour l’enfant. Or aujourd’hui en France, le cordon est considéré comme un déchet opératoire, et seules 8 cliniques sont autorisées à le collecter. C’est la raison pour laquelle 7.000 unités de sang placentaire environ sont conservées dans quelques établissements de transfusion sanguine, alors que 50.000 unités sont nécessaires pour couvrir les besoins. En 2007, il a fallu importer 64% des greffons implantés, un coût de 3,6 millions d’euros pour l’assurance maladie.
Permettre des banques privées de sang de cordonLa sénatrice UMP Marie-Thérèse Hermange, rapporteur sur le sujet, propose un plan national pour développer «
une politique de collecte plus ambitieuse». Favorable à la création d’un maillage national de maternités habilitées à recueillir les dons, la sénatrice souhaite aussi "
permettre, à titre expérimental, l'implantation de banques privées respectant les principes de solidarité liés aux greffes de sang de cordon", à l'instar de l'Allemagne ou du Royaume Uni, où des organismes privés coexistent avec les banques publiques.
En France, les autorités sanitaires se sont toujours opposées à ces banques privées pour un usage strictement personnel. Pourtant cette pratique, bien encadrée, permettrait d’assurer le financement des banques publiques et de favoriser la recherche dans la thérapie cellulaire.
Marie-Pierre Parlange. (www.lepetitjournal.com) vendredi 14 novembre 2008
Les bébés « du double espoir »En Espagne, le premier « bébé médicament » est né le 12 octobre dernier. Les cellules du sang du cordon de Javier vont être greffées sur son frère aîné, atteint d’une grave forme d’anémie congénitale. Selon les médecins, il y a entre 70 et 90% de chances que cette greffe ne soit pas rejetée. L’embryon de Javier avait fait l’objet d’une sélection génétique in vitro avant d’être implanté dans l’utérus de sa mère. L’église catholique, fermement opposée à la sélection d’embryons, a condamné cette pratique. En France, la loi de bioéthique de 2004 autorise l’implantation de ces « bébés du double espoir », dont la naissance peut aider à soigner un aîné malade. 6 dossiers sont à l’étude actuellement.
Lire aussi : Le Nouvel Observateur: Les 10 propositions de Marie-Thérèse Hermange
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/20081105.OBS9567/les_dix_propositions_de_marietherese_hermange.htmlLe Monde: Le marché du sang de cordon ombilical suscite de plus en plus de convoitises
http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/06/le-marche-du-sang-de-cordon-ombilical-suscite-de-plus-en-plus-de-convoitises_1115617_3244.html