Mardi, 14 Février 2012
Une équipe française a dévoilé hier une prothèse dont l’objectif est d’imiter le fonctionnement d’un cœur humain. Implantable et biocompatible grâce à des matériaux innovants et de l'électronique très pointue, le cœur artificiel devrait être testé cliniquement chez l'homme d’ici deux ans

La présentation du premier modèle de cœur artificiel (photo Carmat) qui s’est tenue hier à Paris relève à la fois de la science-fiction et d’un fabuleux espoir pour 10 millions d'insuffisants cardiaques dans le monde. En effet, à l’issue de 20 ans de partenariat tenu secret entre l'hôpital européen Georges Pompidou et EADS, le professeur Carpentier a dévoilé un prototype ultra-sophistiqué qui doit imiter le fonctionnement de l’organe humain.
La prothèse d’un peu plus d’un kilo a l’apparence d’un cœur humain et est dotée d’un moteur miniaturisé biocompatible où deux ventricules animés séparément répondent aux critères de pression, de débit et de volume. Grâce à sa taille, son poids et son fonctionnement, elle doit agir comme un cœur normal et permettre aux malades de retrouver une vie sociale habituelle – "s’ils ne peuvent peut-être pas encore courir le marathon, ils devront pourvoir courir normalement "expliquait Alain Carpentier au micro d’Europe1.


Une solution au manque de greffons
Cette première mondiale a nécessité les efforts d’une douzaine de personnes dont la plus grande difficulté était de trouver les bons matériaux -entre tissus artificiels et biologiques, pour réussir une implantation. Le cœur artificiel est en effet totalement implanté mais fonctionne aussi avec une sorte de batterie externe à recharger toutes les 5 ou 6 heures. Pour le moment, il n’a été testé que sur une des veaux ou des moutons, mais d’ici deux ou trois ans, il devrait être implanté sur des malades dont le pronostique vital est engagé.
Pour rappel,  lorsqu’un patient est atteint d’insuffisance cardiaque, seule la transplantation peut aujourd’hui lui permettre de survivre. Or les greffons manquent cruellement et les greffes ne prennent pas toujours : on compte environ 17 millions de décès dans le monde à cause de maladie cardio-vasculaires.  
Une fois que les essais cliniques seront concluants, il faudra évidemment mesurer les implications bioethiques d’une telle révolution, et son coût. Pour l’heure, 55 millions d'euros ont déjà été engagés sur cette invention.
Anne LAPIERRE. (www.lepetitjournal.com) mardi 28 octobre 2008

EN savoir plus
Les Echos : Une équipe française fait battre le premier coeur artificiel
Le Monde : Enquête - De battre, mon coeur artificiel a continué