Mardi, 14 Février 2012
Une bonne agilité sur internet peut conduire à des comportements modernes -comme participer à des enchères pour la virginité de fraiches jeunes filles. Entre respect et ressentiment, Blanche propose une alternative

Claude Sarraute, une bonne vieille chroniqueuse (photo AFP)
Les jeunes filles ont ça d’extrêmement frais qu’elles ne pensent pas à mal. Bien sûr, comme les plus vieilles, elles peuvent être vénales. Mais à la différence des plus vieilles, elles ont la vénalité fraîche. Surtout, elles ont aussi les tissus plus tendus et une meilleure connaissance de la toile.
L’un dans l’autre, les jeunes filles actuelles semblent avoir trouvé un filon tout à fait dans l’air du temps. En mettant leur virginité aux enchères sur internet, elles font montre à la fois d’une réelle appétence aux nouvelles technologies, d’un sens profond de la démocratie, et d’une conscience avancée de la valeur des choses. En plus d’être pures, ces jeunes filles sont loin d’être bécasses puisqu’elles ont à ce point intégré le mouvement mondial des mœurs qu’elles parviennent à créer de nouvelles contemporanéités.
Même si je suis verte d’être née trop tôt, je ne peux que leur tirer mon chapeau. Ah jeunes filles, si j’étais vous, sérieux je dirais : "pas mieux ! "

Soyons sérieux
Les messieurs ont ça d’extrêmement angoissant qu’ils ne pensent pas à mal. Bien sûr, à tout âge, ils peuvent être cochons. Mais à la différence de l’animal, ils ont la hardiesse éclairée. Surtout, ils ont aussi le derme plus velu et une parfaite connaissance de la jeune fille.
L’un dans l’autre, les messieurs ne peuvent que se taper sur la cuisse de ce nouvel air du temps. De là à se taper une surenchère, faut-il qu’ils soient bien pauvres. Même si je me satisfais d’être née pile poil, je ne peux que leur faire manger leur chapeau.
Ah messieurs, si j’étais vous, je dirais : "même pas en rêve !"
Si j’étais vous, je me tournerais plutôt vers de la bonne vieille chroniqueuse. Et pas seulement parce que dans chroniqueuse, il y a chronique. Que Dieu et ses potes pardonnent nos contemporanéités.
Blanche BAUDOUIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 22 octobre 2008