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SOCIETE - L'oeil sur les "émo" |
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| Ecrit par BUCAREST,
le 15-10-2008 01:00
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Les "émo" de Timisoara sont surveillés depuis peu par une équipe spéciale de la police locale, chargée de comprendre le comportement de ces adolescents et de prévenir les dérives éventuelles. Une initiative qui fait polémique
(Photo: DR)
Petit rappel pour ceux qui seraient passés à côté du phénomène "émo". Le terme désignait à l’origine un sous-mouvement du punk hardcore ; par extension, il évoque aujourd’hui toute une frange d’adolescents, fans de ce courant musical, qui se reconnaissent à leur coiffure, leur style vestimentaire, leur extrême émotivité et leur penchant pour les idées sombres. La Roumanie est elle aussi touchée par cette déferlante. Etre "émo" est souvent pour ces adolescents une phase dans la classique recherche identitaire qui existe à cette période. "Ils sont jeunes et ont besoin de vivre des sensations fortes, de tester leurs limites", explique le psychologue Zizi Dima. Sauf que ces jeunes peuvent, parfois, basculer. Au printemps dernier, le suicide d’une jeune fille de 12 ans, puis celui d’un jeune homme de 17 ans ont fait les gros titres de l’actualité. La sensibilité à fleur de peau, mais aussi les tendances à l’auto-mutilation et les pensées suicidaires observées chez une partie des adeptes de ce courant, ont commencé à susciter l’intérêt, entre plaisanteries ironiques et véritable inquiétude sur les dérives potentielles de ces jeunes en détresse. C’est cette inquiétude qui a poussé la police de Timisoara à monter un "groupe de travail" chargé de surveiller et de contrôler les "émo" de la capitale du Banat. "Nous ne considérons pas les émo comme un courant illégal mais il est important de savoir qui ils sont pour prévenir d’éventuelles dérives", explique Marinela Apostolache, la porte-parole de la police judiciaire.
"Je suis mélancolique, c'est tout..." La police précise qu’elle a impliqué dans son action les services de protection de l’enfance ou, entre autres, l’inspectorat scolaire. Les forces de l’ordre vont d’ailleurs se rendre dans les établissements scolaires où, en collaboration avec des psychologues, ils informeront les élèves sur ce courant et les conséquences négatives - consommation de drogue, violence…- qu’il peut avoir. Une initiative qui met en colère les principaux concernés. "J’écoute de la musique "émo" depuis sept ans. Je ne suis ni dépressif, ni maniaque. Je n’ai jamais voulu me suicider, ou tuer quelqu’un. Je suis mélancolique, c’est tout", explique Horatiu, 21 ans, cité par le quotidien Evenimentul Zilei. "Il est plus que dommage que nous soyons vus comme des malfaiteurs dangereux, alors qu’à travers notre look, nous manifestons seulement notre vécu", lance Flop, 20 ans. Si certains professeurs sont ravis d’une telle initiative, eux qui avouent ne pas savoir communiquer avec ces élèves "émo", beaucoup ne comprennent pas vraiment ce mélange des genres et les raisons de l’implication de la police dans la gestion du phénomène. Selon le professeur Florin Alin Sava, psychologue, "ce problème est typique des adolescents. C’est une rébellion contre les adultes. Il n’est pas question de criminalité, donc pas besoin de police. Chaque ado trouve son propre mode pour définir son identité". Marion Guyonvarch (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 15 octobre 2008
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