| Ecrit par Chloé Fricout,
le 14-10-2008 01:00
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Jusqu’au 16 novembre, le Museo Tamayo présente une étonnante exposition: XIV Bienal de Pintura Rufino Tamayo. C'est l’occasion de se rendre compte de l’incroyable dynamisme de la peinture mexicaine actuelle. 
Bienal de pintura Rufino Tamayo (source musée Tamayo) Une sélection sans clichés. Inventée par Rufino Tamayo, la Biennale de Peinture nait avec l’objectif de « rendre compte de l’état actuel des choses ». Après une sélection exigeante réalisée à partir d’un ensemble de 2528 œuvres proposées par 989 artistes, c’est un corpus de 44 œuvres de 38 artistes qui est montré au public. De ces travaux finalistes, 3 ont reçu le « prix d’acquisition » et 4 une « mention honorifique ». Loin de penser la Biennale comme un panorama mesuré de la scène mexicaine actuelle, le jury propose une rigoureuse sélection qui découle de critères précis et exigeants. Si les artistes doivent être Mexicains ou résider sur le territoire national, la production est loin des clichés attachés à ce pays.
Traversée par les courants internationaux actuels, la peinture mexicaine est riche, vivace et diversifiée. Alors que Manuel Mathar Martinez (1973) se voit décerner un des trois Prix d’acquisition pour une œuvre contestataire et anti-moderniste, Adrían Porcel Gonzalez (1974) reçoit le même prix pour une peinture d’ambiance, hyperréaliste où l’absence est l’élément générateur de l’oeuvre. Intitulée Evento en proximidad, cette oeuvre est une incroyable démonstration technique où l’hyperréalisme fait trembler nos certitudes. Le snack est vide, seules des tables « vert hôpital » sont là, impeccables dans leur éternelle immobilité. La normalité devient source de doute, et l’absence maîtresse des lieux. Des pieds de nez artistiques. Depuis plusieurs décennies, la peinture est renvoyée au rang d’ancienne tradition désormais décadente. Souvent peu considérée au sein de l’art contemporain, on lui préfère les expériences du Net art, de l’art multimédia ou des installations transdisciplinaires. Malgré des années sèches, la peinture continue à donner lieu à de riches expérimentations. Au sein de la production mexicaine actuelle, Taiyana Pimentel, commissaire d’exposition, souligne la prépondérance d’œuvres qui questionnent la « crise de la peinture » et s’attachent à « ce qui est strictement pictural ». Ainsi Figel Figueroa présente une véritable tache faite d’une peinture noire qui semble avoir goutté depuis le pot directement sur le sol : ni chassis, ni toile mais de la peinture sans aucun doute. Au sein de la Biennale, les pieds de nez sont fréquents et parfois très sarcastiques. Aydé G.Varela peint une nouvelle version de La liberté guidant le peuple, qu’elle intitule Japón guiando al progreso où Mario Bros prend la place de Gavroche, aux côtés d’une fille de manga. La diversité des œuvres sélectionnées est parfaitement équilibrée tant par les thématiques traitées, les esthétiques utilisées ou encore les expérimentations formelles proposées. Par Chloé Fricout (www.lepetitjournal.com) Mardi 14 Octobre 2008 Museo Tamayo Reforma y gandhi Bosque de Chapultepec Tel : 5286 6519 Du mardi au dimanche de 10h à 18h. www.museotamayo.org
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