|
DECOUVRIR - La villa Ocampo ouvre grand ses portes |
|
|
mardi 14 octobre 2008 |
La Villa Ocampo ouvre grand ses portes pour l’exposition Saint-Exupéry. L’occasion de découvrir la demeure de la célèbre femme de lettres, passage obligé des plus grands intellectuels du siècle dernier.
A l'occasion de la première semaine française à Buenos Aires, la Villa Ocampo accueille la plus grande exposition sur Saint-Exupéry jamais organisée en Argentine. Son thème: les traces qu'a laissées l'aviateur sur l'Argentine et comment ce pays, où il est resté 15 mois à la tête de l’Aéropostale, l'a marqué. Tout comme Saint-Exupéry qui avait fréquenté la Villa Ocampo lors de son séjour, l'opportunité nous est donnée de découvrir cette demeure (dont la rénovation touche à sa fin) et la personnalité de sa propriétaire, Victoria Ocampo, femme qui marqua l'Argentine et le monde de la culture.
Une bliothèque de 11.000 livres La vie de Victoria Ocampo (1890 - 1979) ne peut être envisagée qu'à travers le prisme de sa maison. Véritable havre de paix, ce lieu permettait déjà de profiter pleinement de la nature environnante tout en offrant un confort exceptionnel pour l'époque. La bâtisse est en effet inséparable de son jardin, que Victoria entretenait elle-même. Ce dernier, qui compte, aujourd'hui "seulement" 10 000 mètres carrés, s'étendait alors sur plus de 10 hectares. C'est dans ce cadre exceptionnel qu'elle prenait plaisir à se promener, à lire, et surtout à recevoir ses amis. Car Victoria Ocampo était avant tout une femme qui aimait cultiver son esprit et la compagnie des intellectuels l'époque. Au total, 11.000 livres (dont 1.300 dédicacés) attendent dans ses bibliothèques entourés de 800 oeuvres d'art. Victoria Ocampo dépense la fortune familiale en publiant une revue littéraire "Sur" où collabore notamment Jorge Luis Borges. La revue traduit et diffuse de nombreux intellectuels étrangers. Nombreux sont reçus en Argentine par la maîtresse de maison: Saint Exupéry, Albert Camus, André Malraux, Pierre Drieu la Rochelle, Le Corbusier ou Maurice Ravel, Pablo Neruda ou encore certains compositeurs tels que Stravinsky.
Legs à l'Unesco Victoria Ocampo n'a pourtant pas toujours vécu dans la Villa. Dessinée et construite en 1891 par son père, Manuel Campo, elle hérite en 1941 du grand bâtiment à un étage et décide d'en faire sa résidence principale. Elle modernise alors la demeure selon ses propres goûts. Boiseries repeintes en blanc, intérieur éclairci, re-aménagement du jardin. Aujourd'hui encore, on est frappé par le contraste entre les influences "pittoresques" anglaises et du nord de la France qui habitent l'intérieur de la demeure et la couleur ocre claire de l'extérieur de la bâtisse. L'esprit libéral qu'elle fit régner ici tout comme la mémoire des personnages qu'elle y reçut (comme cette visite d'Indira Gandhi en 1968) ont fait de la Villa un symbole d'ouverture d'esprit et de culture. Elle décide quelques années avant sa mort de donner sa maison à l'Unesco et compte sur l'organisme pour poursuivre cette tradition de rencontres, de bouillonnement culturel qu'elle aimait tant. L'organisme mobilise des partenaires autour des travaux de rénovation entrepris au début des années 2000. Aujourd'hui, le souvenir de Victoria Ocampo flotte toujours dans l'air, au delà des photos et objets d'époque. La visite de sa chambre émeut particulièrement. En effet, rien n'a changé depuis le jour où celle-ci a fermé les yeux pour toujours, allongée sur son lit. Grégory Varagnol (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) le 14 octobre 2008
|