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L’Alliance du Peuple pour la Démocratie, qui demande la chute du gouvernement depuis cinq mois, affirme que son objectif est de modifier profondément le système politique thaïlandais par l’instauration d’une "Nouvelle Politique". Mais le concept est loin d’être vraiment abouti, de l’aveu même des dirigeants du mouvement L'APD veut réformer le système en place mais fait des propositions encore peu concrètes : il s'agit de "créer une étincelle et de laisser le feu prendre lui-même sa forme", affirme son leader,Sondhi Limthongkul (Photo LPJ Bangkok.com)
Cinq mois de manifestations, une crise politique qui n’en finit pas… Les dirigeants de l’Alliance du Peuple pour la Démocratie (APD) répètent qu’ils souhaitent le départ du pouvoir du Parti du Pouvoir du Peuple (PPP), accusé d’être téléguidé par l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra. Mais que fera l’APD si elle parvient à ses fins ? La réponse tient essentiellement dans le concept plutôt flou de "Nouvelle Politique". Dans une rare interview, Sondhi Limthongkul, l’un des deux principaux leaders de l’APD, a expliqué samedi à l’Agence France Presse que son but était avant tout de "créer une étincelle et de laisser le feu prendre lui-même sa forme". Il insiste sur le rôle de l’APD en tant que groupe de pression visant à changer la société. Premier objectif : réduire l’influence des partis politiques, "gérés comme des banques d’investissement", selon Sondhi. "Les gens ne font plus confiance aux partis politiques car 90% des députés viennent du monde des affaires. Nous voulons une démocratie plus directe", nous confiait, début septembre, Somsak Kosaisuk, l’un des neuf dirigeants, qui rejette l’idée d’une transformation de l’APD en parti politique. Une attitude que certains analystes attribuent à un faible soutien populaire. "Ils savent qu’ils perdraient s’ils se présentaient aux élections", critique Giles Ji Ungpakorn, professeur de sciences politiques à l’université de Chulalongkorn. Réduire le rôle joué par les élections et les partis politiques Autre grande orientation de la "Nouvelle Politique" : la volonté de réduire le rôle joué par les élections dans le système. "L’idée fondamentale semble être de s’éloigner du système "une personne, un vote", analyse Chris Baker, universitaire spécialiste de la Thaïlande. C’est un réflexe ancien en Thaïlande, que de dire que l’on ne peut pas suivre ce principe occidental parce que les gens ne sont pas prêts ou parce que certains ont plus de droits que d’autres". L’APD propose un système où seule une fraction des députés serait élue. Le reste serait désigné par des corporations professionnelles ou par des groupes ethniques. Mais le projet semble loin d’être abouti, même dans l’esprit de Sondhi Limthongkul. Alors que l’idée d’une répartition à 70% par la nomination et 30% par l’élection était reprise par la presse depuis plus d’un mois, il vient de préciser que ce n’était qu’une "blague", une simple suggestion. Tout en maintenant l’idée qu’il y a trop de représentants élus dans le système thaïlandais. "Je ne crois pas que les élections directes devraient être le système dominant dans une société comme la Thaïlande. Elles devraient seulement être une composante du système". Les membres de l’APD assurent que des discussions sont en cours pour affiner le contenu de la "Nouvelle Politique". Chaiwat Bunnag, universitaire pro-APD précise que le mouvement s’appuie sur des organisations locales pour mieux prendre en compte les attentes de ses partisans. Emmanuelle MICHEL (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) mardi 14 octobre 2008 |