| Ecrit par Luisa GERINI,
le 14-10-2008 01:00
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Les chiffres du 48e Salon Nautique International de Gênes confirment la vitalité d’un secteur où l’Italie – et le Piémont – arrivent en tête, notamment pour le haut de gamme. Mais les répercussions de la récente tempête financière pourraient rendre la navigation future bien plus périlleuse… Yachts, super-yachts, voiliers, bateaux à moteur, pneumatiques semi-rigides… Le Salone di Genova, l’un des plus prestigieux du secteur au niveau mondial, est indéniablement une vitrine d’exception pour tous les acteurs de l’industrie nautique. Et encore une fois, lors de cette 48e édition, qui a fermé ses portes dimanche, les attentes n’ont pas été déçues grâce aux 2.500 bateaux exposés aussi bien à flot qu’à terre : magnifiques et luxueux les uns, plus accessibles les autres, ils pouvaient vraiment satisfaire tous les goûts et toutes les bourses. Cette année pourtant, alors que le salon battait son plein, au fur et à mesure que la crise financière américaine se révélait dans toute son ampleur, les nuages gris d’une probable récession économique ont commencé à s’amonceler à l’horizon. Des nuages bien menaçants, surtout si l’on considère que les ventes de bateaux de moins de 15 mètres traversent déjà un moment difficile : leurs effets pourraient sérieusement compromettre le futur de bon nombre de PME, puisqu'en Italie 76% des entreprises du secteur ont un chiffre d’affaires ne dépassant pas 10 millions d’euros. Tout à fait différente est la situation de colosses comme Azimut-Benetti ou Fincantieri, dont les chiffres sont en progression constante. Il faut dire que jusqu’à présent, le marché du luxe semble être sorti indemne de la morosité ambiante : mieux encore, les commandes de super-yachts se multiplient… La preuve ? En 2007, il y en a eu 777, en 2008, elles sont déjà au nombre de 916… Etant donné que cinq des dix principaux constructeurs mondiaux du secteur sont italiens, l’on comprend aisément pourquoi plus de la moitié de ces super-yachts seront réalisés dans la Péninsule. Le nouveau Pavillon B, œuvre de l’architecte français Jean Nouvel, se caractérise par l’utilisation de surfaces reflétant le ciel et la mer afin de créer un jeu spectaculaire de couleurs et de lumières (photo © Salone di Genova 2008)Les nouvelles tendances Malgré les craintes et les incertitudes concernant l’avenir de la partie la plus exposée du secteur, le Salone a été l’occasion de découvrir les tendances ou les nouveautés qui sillonneront la mer l’été prochain… Tout d’abord, place à l’écologie, grâce aux modèles hybrides : si pour l’instant la recherche a surtout permis de développer le potentiel du moteur électrique en binôme avec le diesel, le pas suivant sera l’exploitation de l’hydrogène à travers des piles à combustible permettant d’obtenir l’électricité sans combustion thermique. Autre tendance : les pneumatiques semi-rigides, notamment s’ils dépassent les 10 mètres de longueur… Le marché semble s’orienter, de plus en plus, vers la production de modèles de grande taille, souvent habitables, conjuguant excellentes performances et grande maniabilité. Et pour finir, une bonne nouvelle pour tous les amateurs de bateaux à voile : le secteur est en hausse, et la recherche se concentre actuellement sur l’introduction à échelle industrielle de nouveaux matériaux, encore plus performants que le titane et le carbone… Et si là aussi ce sont les mega sailers, qui marchent le mieux, espérons que l’exemple de Diego Romero ayant remporté la médaille de bronze de l'épreuve du laser aux J.O. 2008 puisse donner un peu de… souffle aux dériveurs monoplace. Annexes Après la Fiat 500 qui flottait sur le Pô au cours du spectacle organisé pour son lancement, le modèle 62S de Azimut a jeté l’ancre cet été sur le pavé de Piazza San Carlo dans le cadre de Torino 2008 World Design Capital… (photo Lpj)
AZIMUT-BENETTI Cela peut paraître surprenant, mais c’est dans le Piémont, la région des Jeux Olympiques d’Hiver 2006, séparée de la Mer de Ligurie par les montagnes, et plus précisément à Avigliana à l’ouest de Turin, que se trouve le siège du principal constructeur au monde de super-yachts. Le groupe, qui exporte dans 80 pays, a atteint un chiffre d’affaires de 950 millions d’euros, avec un taux de croissance de 14,5%.
Le secteur nautique en Italie 5,5 milliards d’euros en 2007 (+13% par rapport à 2006) 56% à l’exportation (dont un peu plus de la moitié au sein de l’UE) 45% de la production mondiale de super yachts 37000 emplois Luisa GERINI. (www.lepetitjournal.com - Turin) mardi 14 octobre 2008
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