| Ecrit par Madeleine Garde,
le 13-10-2008 01:00
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Homme de dialogues, médiateur infatigable, l’ancien Président de la Finlande a
reçu vendredi le prix Nobel de la paix. De l’Afrique à l’Indonésie, en passant
par l’ex Yougoslavie, Martti Ahtisaari a passé sa
carrière à rapprocher les peuples
Martti Ahtisaari est certes moins glamour qu’Ingrid
Bettancourt, mais c’est sans doute ce qui a séduit le jury (photo AFP)
Tout le monde était sur les dents vendredi dans l’attente de la proclamation du
Nobel de la paix car il y avait tout un ramdam autour de la possibilité d’Ingrid
Bettancourt. De la même manière, les dissidents chinois étaient pressentis. Dans
sa grande sagesse, le jury de Stockholm n’a toutefois pas cédé aux sirènes de l’actualité
et préféré prendre le recul qui fait sa réputation. Parmi 197 candidatures, il a donc récompensé Martti
Ahtisaari, premier président finlandais élu au suffrage universel (1994-2000). A
71 ans le diplomate et fondateur de la Crisis
Management Initiative -une organisation non gouvernementale, chargée de
promouvoir la paix dans les régions troubles, récupère ainsi 1,7 millions de
dollars.
Le Nobel voit en lui un médiateur exceptionnel dont les importants efforts pendant
plus de 30 ans ont permis de résoudre des conflits très anciens et apparemment
inextricables aux quatre coins de la planète. En 1995 par exemple, il a contribué
à rétablir la paix entre le gouvernement indonésien et les séparatistes du
Mouvement Aceh Libre (GAM)en guerre depuis 1976. Sa technique de pourparlers
est un mixte de fermeté, d’humour et de chaleur.
Lui-même fils de réfugiés russes en Finlande, Martti Ahtisaari a été instituteur
avant de débuter sa carrière diplomatique sur le continent africain. D’abord ambassadeur
en Tanzanie, l’ONU le nomme commissaire pour la Namibie en 1977 puis
représentant spécial du secrétaire général pour ce pays qu'il a accompagné à
l'indépendance en 1990.
De l’expérience des conflits
Celui qu’on présente comme un infatigable soldat de la paix s’est toutefois
violemment heurté au nid de crabes yougoslave. Si une première fois, en 1999, il
a réussi à convaincre le président yougoslave Slobodan Milosevic à mettre fin à
ses opérations militaires au Kosovo contre la guérilla séparatiste albanaise,
en échange de l'arrêt des bombardements de l'Otan, sa seconde intervention en
2005 s’est soldée par un échec. Alors qu’il devait superviser les pourparlers
entre Serbes et Kosovars sur le futur statut de la province serbe, il a été accusé
de partialité par Belgrade, n’a pas pu vaincre les résistances de Moscou et de
Pékin, ni réunir les Occidentaux. Las, en mars 2007, il a laissé tomber le
dossier en recommandant l'indépendance et en rendant son tablier. Les dernières
négociations, menées sans lui, échouent, et le Kosovo a déclaré unilatéralement
son indépendance en février dernier.
En dépit de cet échec, il a aussi organisé
des pourparlers entre Irakiens sunnites et chiites pour jeter des ponts entre
les deux communautés et aussi supervisé le désarmement de l’Armée républicaine
irlandaise (IRA) en Irlande du Nord.
De toutes ses expériences de conflits, il conserve d’ailleurs une vision très
critique de l'Europe : "En comparaison des
haines que j'y ai vues, j'avais affaire à de vrais gentlemen en Afrique",
expliquait-il dans une interview à La
Croix en juin.
Madeleine GARDE. (www.lepetitjournal.com)
lundi 13 octobre 2008
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Libération : L'ex-président finlandais Martti Ahtisaari lauréat du prix
Nobel de la paix
La Croix : Martti Ahtisaari, prix Nobel de la paix Le Monde : Les dix derniers lauréats du prix Nobel de
la paix
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