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INTERVIEW – Olivia Ruiz, petite-fille de l’Exil Suggérer par mail
jeudi 09 octobre 2008

Après les fêtes de la Mercé à Barcelone en septembre, Olivia Ruiz fait escale à Madrid ce soir, à la Sala Joy Eslava. Une première en terre castillane et un disque sorti mardi en forme de cadeau à sa "petite famille", exilée espagnole. Rencontre avec une jeune femme pétillante

Olivia Ruiz hier à Madrid (LPJ)

Lepetitjournal.com : Qu’est-ce que cela fait de venir chanter sur les terres de tes racines ?
Olivia Ruiz :
C’est un truc qui me remplit. Pour moi c’est très fort symboliquement. C’est juste entre moi et moi-même et moi et ma petite famille. Je l'ai fait pour les grands-mères. J’ai l’impression de continuer le devoir de mémoire.

Tu ressens cette nécessité-là ? Le devoir de mémoire ?
Complètement. La première fois que j’ai chanté en espagnol, il y avait quelque chose qui apparaissait dans ma voix de plus tragique, presque plus profond. J’ai demandé son avis à ma grand-mère, qui était dans le coin, et elle m’a dit : "le jour où tu en as envie je te raconte l’histoire familiale mais je pense qu’il y a une fêlure qui se transmet, qui ne s’explique pas. Quand on vient d’une famille d’exilés il y a quelque chose qui se donne à nos dépends".
Donc quelque part, jouer ici c’est remettre les comptes à zéro. C’est une forme de réconciliation.

La Chica Chocolate est un mix de morceaux tirés de ton premier album, J’aime pas l’amour et de La Femme Chocolat, ainsi que des inédits. Pourquoi ce choix ?
Parce que j’avais quelques petits regrets en termes de production. Sur la réalisation artistique, j’avais quelques morceaux qui ne me correspondaient plus. Donc j’ai fait un petit mélange. J’ai aussi demandé l’avis de deux maisons de disques ici.

Qui est la Femme chocolat ?
C’est moi. Mon amoureux se marrait en me voyant me lever pour manger du chocolat la nuit.
Il se foutait de moi parce qu’à la fois je suis une épicurienne, et quand on me propose un truc bon à manger je suis incapable de refuser. Et à la fois, comme toutes les nanas, dès que je prends un demi-gramme sur la fesse gauche c’est le drame. Mais j’ai appris à m’assumer parce qu’il avait un si joli regard sur moi que j’aurais pu faire 15 kilos de plus, je me sentais belle. C’est de là qu’est venu le titre de La Femme chocolat.  

Tu as donné un concert à Barcelone en septembre et aujourd’hui tu es à Madrid. Que penses-tu de ces deux villes ?
J’adore Barcelone. Parce que j’y suis allée souvent, aussi bien pour faire la fête avec des copains, que ces dernières semaines, en travaillant sur la promo. Je sais que Barcelone est un endroit où je pourrais vivre. Il y a un état d’esprit hyper décontracté qui me parle, qui me fait penser à Montpellier. La culture des bars, des apéros, et la mer…Madrid je ne connais rien. J’ai débarqué hier et vu le planning que j’ai, il faudra que je revienne si je veux découvrir.

Quelles ont été tes influences dans la musique espagnole ?
Les BO des films d’Almodovar. Depuis que je suis petite je chante Un año de amor, Piensa en mi…Les films de Saura aussi ; Camarón de la Isla de temps en temps. Et mon grand-père chante encore mieux Julio Iglesias que lui-même [rires]. Il y a aussi tous les classiques : Malagueña, La Molinera…que j’ai repris avec mon père à chaque fois en chansons cachées sur mes disques. Tous ceux-là, je les ai toujours en tête, fredonnés par les voix des mamies, un peu faux [rires].

Ta dernière découverte musicale ?
Ils vivent à Barcelone. Ils vont m’écrire une chanson sur le prochain album : Lonely Drifter Karen. C’est un trio. La chanteuse ressemble à une petite poupée sortie tout droit d’une boite à musique, avec une voix enchanteresse, elle est superbe. Et il y a deux beaux gosses au clavier et à la batterie, avec un look génial. C’est très moderne, mais avec un côté comédie musicale à la Kurt Weill ; tu as l’impression d’être parfois dans L’Etrange Noël de Monsieur Jack…et il y a aussi un esprit Rock and roll en général, pas dans la musique à proprement parler. A écouter absolument !

Si tu étais un aliment – et non une femme, en chocolat que serais-tu ?
Une religieuse au chocolat.

Propos recueillis par Laurence Danthony (www.lepetitjournal.com Madrid) jeudi 9 octobre 2008

Olivia Ruiz en concert
Ce soir, jeudi 9 octobre à 21h – Ouverture des portes à 20h
Sala Joy Eslava, C/Arenal 11
http://www.joy-eslava.com/joydirecto/
Entrée : 13 euros (www.ticktackticket.com)

 
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