| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 08-10-2008 00:00
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La crise financière qui secoue la planète entière a englouti des sommes d’argent colossales, de quoi faire tourner la tête des plus matheux. Entre ce que les banques ont perdu et les fonds levés en urgence pour les sauver, voici un récapitulatif d’apothicaire Panique sur l'ensemble des places financières, comme ici à Francfort (photo AFP)
Plan Paulson Depuis la crise majeure que traversent les finances mondiales, la somme sans conteste la plus extravagante concerne le plan Paulson mis en action par les Etats-Unis en début de semaine. Il vise à racheter pour 700 milliards de dollars les actifs devenus invendables suite à la crise immobilière liée aux crédits subprimes. La somme est telle que le Trésor américain a lancé lundi un appel d’offres pour trouver des gestionnaires d’actifs privés capables de la gérer.
BNP Paribas au chevet de Fortis Après moult tergiversations, c’est finalement la BNP Paribas qui est arrivée à la rescousse du bancassureur belgo-néerlandais Fortis. La banque française va investir 14,5 milliards d’euros dans l’essentiel des activités de Fortis en Belgique et au Luxembourg. Le numéro 1 bancaire de l’Hexagone va ainsi devenir la première banque de dépôts de la zone euro. Dexia dégringole Quant au groupe bancaire franco-belge Dexia, il est au bord de la scission. Après une recapitalisation de 6,4 milliards d’euros, à laquelle la France a participé à hauteur de 3 milliards, la Belgique et l’Hexagone tablent sur une nationalisation de la banque, dont le titre continue de chuter en bourse (-20,29% au CAC 40 lundi, soit la plus forte baisse). Hypo Real Estate sur le fil Hypo Real Estate, la quatrième banque d’Allemagne, n’est pas au bout de ses peines. Après l’échec dimanche d’un prêt de 35 milliards d’euros, auquel un consortium de banques privées devait participer, jusqu’à son retrait inattendu, à hauteur de 8,5 milliards, l’Etat allemand a dû finalement fournir à lui seul une garantie de 50 milliards d’euros. Les concurrentes tremblent tout de même sur leurs bases, redoutant que leurs filiales de financement immobilier subissent le même sort que HRE. La Deutsche Bank a déjà subi une dépréciation de ses actifs de 11 milliards d’euros depuis le début de la crise. De l’Irlande… L’Irlande s’était attirée les foudres de ses partenaires européens en garantissant la première les dépôts et les dettes de ses six principales banques pour un montant de 400 milliards d’euros. Réunis au Luxembourg, les ministres des Finances de l’UE tentent de fixer un seuil commun de garantie pour les particuliers. Il pourrait s’établir à 100.000 €, alors qu’il est pour l’instant de 70.000 € en France. …à la Russie, en passant par l’Islande La Russie prend également les devants. Elle a octroyé à l’ensemble de ses banques un crédit de 26,7 milliards d’euros, sur une durée d’au moins 5 ans. En plus de ce crédit à répartir auprès de plus de 1.000 établissements, la Russie a accordé un prêt de 4 milliards d’euros à la banque centrale islandaise. Cette somme ne sera pas de trop pour sauver l’économie de l’Islande, apparemment au bord du gouffre. Reposant essentiellement sur une finance ultra-libéralisée, elle a été prise dans la tourmente. Le gouvernement a légiféré pour prendre le contrôle de l’ensemble du système bancaire, et tenter de redresser le taux de change, qui s’établissait lundi à 230 couronnes pour un euro. Chacun pour soi Au cœur de ce tourbillon de chiffres plus hallucinants les uns que les autres, les banques refusent de se prêter de l’argent. Les instituts d’émission injectent donc tour à tour des liquidités. La Banque centrale européenne a versé coup sur coup 50 milliards de dollars puis 250 millions d’euros, la Banque du Japon 7,25 milliards d’euros. Pas en reste, la Réserve fédérale américaine a débloqué 450 milliards de dollars de plus. Il semble que les fonds débloqués d’urgence soient sans fond ! Mais qui va payer au final ? Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 8 octobre 2008 En savoir plus Courrier International - Au bord de la catastrophe Le Télégramme - Inquiétudes sur les banques La Tribune - La crise financière plonge l'Islande au bord du gouffre
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