Lundi, 13 Février 2012
Après New York, Londres et Milan, Paris accueillait la semaine dernière les défilés Printemps-été 2009. A noter, dans le flot des présentations, la première collection Saint Laurent depuis la mort de son créateur, et les 40 ans de Rykiel

Malgré le retour de la grisaille, un fragile vent printanier a soufflé sur la capitale la semaine dernière. C'est à Paris que défilaient sagement les dernières collections Printemps-été 2009. Pas de coup de tonnerre ou de tendance marquée, mais le nombre imposant de présentations – 93 cette année - témoignait de la diversité du secteur.
Les regards étaient naturellement braqués sur Saint-Laurent, après la mort du maître. Stefano Pilati, qui n'en est pas à son coup d'essai et assure la direction artistique de la maison depuis 4 ans, offrait, au Grand Palais, une collection sobre aux couleurs sourdes où jupes sarouels et tailles hautes réinventaient le classique smoking. Catherine Deneuve, sans qui un défilé Saint-Laurent ne serait pas un défilé Saint-Laurent, était évidemment dans le public.
La sobriété était également du côté de Yohji Yamanoto avec des coupes savantes et épurées ou d'Issey Miyake, pour qui Dai Fujiwara avait ramené d'Amérique du Sud une gamme discrète de teintes de la jungle.
Côté minimalisme belge, Dries Van Noten jouait de drapés nonchalants et de beaux imprimés dégradés.
Galliano, d'humeur raisonnable, cherchait lui l'inspiration Dior dans l'exotisme
rassurant du tribal chic, imprimés peinture au doigt, python et galuchat, tandis qu'Isabel Marant regardait vers les carreaux des pionniers américains, le jean et l'artisanat amish.

Pas forcement jaune, pas forcément moche
Sans son petit gilet de sécurité, Karl Lagerfeld était présent sur deux fronts, avec une présentation, dans une réplique de la boutique de la rue Cambon, des traditionnelles variations inspirées du fameux tailleur Chanel, jupes juste au dessus du genou, et avec un défilé de sa griffe personnelle, toujours terriblement graphique.
Inspirée peut-être de ses expériences de costumier, Gaultier mettait la danse, le mouvement corporel, au centre d'un flot de body et nuisette très dessous dessus. Le corps, le vêtement-peau semblaient aussi intéresser Nicolas Ghesquière pour Balenciaga, en alternance avec des futuristes tenues SF.
Dans ce printemps pas forcement très coloré, l'esprit de la fête était peut-être à chercher chez Christian Lacroix, pas vraiment surprenant mais extrêmement fidèle à lui même avec arlésienne, allure toréador, nœud, fleurs et pois, dans une collection à l'esprit très couture pour du prêt-à-porter.
Un peu d'extravagance rebelle et écolo réveillait un peu la saison chez Vivienne Westwood et un imprimé Barack Obama arrachait un sourire dans l'univers acidulé de Castelbajac (photo AFP).
Enfin, le tout Paris s'est pressé au Parc de Saint Cloud pour célébrer le quarantième anniversaire de la maison Sonia Rykiel. Pour l'occasion, 30 créateurs ont rendu hommage à la reine de la maille et à sa silhouette noire et feu inimitable.
Jean Marc Jacob (www.lepetitjournal.com) mercredi 8 octobre 2008

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