Écrit par Jean-Marc Jacob
Après New York, Londres et Milan, Paris accueillait la semaine dernière
les défilés Printemps-été 2009. A noter, dans le flot des
présentations, la première collection Saint Laurent depuis la mort de
son créateur, et les 40 ans de Rykiel

Malgré le retour de la grisaille, un fragile vent printanier a soufflé
sur la capitale la semaine dernière. C'est à Paris que défilaient
sagement les dernières collections Printemps-été 2009. Pas de coup de
tonnerre ou de tendance marquée, mais le nombre imposant de
présentations – 93 cette année - témoignait de la diversité du secteur.
Les regards étaient naturellement braqués sur
Saint-Laurent, après la
mort du maître. Stefano Pilati, qui n'en est pas à son coup d'essai et
assure la direction artistique de la maison depuis 4 ans, offrait, au
Grand Palais, une collection sobre aux couleurs sourdes où jupes
sarouels et tailles hautes réinventaient le classique smoking.
Catherine Deneuve, sans qui un défilé Saint-Laurent ne serait pas un
défilé Saint-Laurent, était évidemment dans le public.
La sobriété était également du côté de
Yohji Yamanoto avec des coupes
savantes et épurées ou d'
Issey Miyake, pour qui Dai Fujiwara avait
ramené d'Amérique du Sud une gamme discrète de teintes de la jungle.
Côté minimalisme belge,
Dries Van Noten jouait de drapés nonchalants et de beaux imprimés dégradés.
Galliano, d'humeur raisonnable, cherchait lui l'inspiration
Dior dans l'exotisme
rassurant du tribal chic, imprimés peinture au doigt, python et
galuchat, tandis qu'
Isabel Marant regardait vers les carreaux des
pionniers américains, le jean et l'artisanat amish.
Pas forcement jaune, pas forcément moche
Sans son petit gilet de sécurité,
Karl Lagerfeld était présent sur deux
fronts, avec une présentation, dans une réplique de la boutique de la
rue Cambon, des traditionnelles variations inspirées du fameux tailleur
Chanel, jupes juste au dessus du genou, et avec un défilé de sa griffe
personnelle, toujours terriblement graphique.
Inspirée peut-être de ses expériences de costumier,
Gaultier mettait la
danse, le mouvement corporel, au centre d'un flot de body et nuisette
très dessous dessus. Le corps, le vêtement-peau semblaient aussi
intéresser Nicolas Ghesquière pour
Balenciaga, en alternance avec des
futuristes tenues SF.
Dans ce printemps pas forcement très coloré, l'esprit de la fête était
peut-être à chercher chez Christian
Lacroix, pas vraiment surprenant
mais extrêmement fidèle à lui même avec arlésienne, allure toréador,
nœud, fleurs et pois, dans une collection à l'esprit très couture pour
du prêt-à-porter.
Un peu d'extravagance rebelle et écolo réveillait un peu la saison chez
Vivienne Westwood et un imprimé Barack Obama arrachait un sourire dans
l'univers acidulé de
Castelbajac (photo AFP).
Enfin, le tout Paris s'est pressé au Parc de Saint Cloud pour célébrer
le quarantième anniversaire de la maison
Sonia Rykiel. Pour l'occasion,
30 créateurs ont rendu hommage à la reine de la maille et à sa
silhouette noire et feu inimitable.
Jean Marc Jacob (www.lepetitjournal.com) mercredi 8 octobre 2008
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