| Ecrit par Jonas Mercier,
le 08-10-2008 00:00
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Un indice boursier qui baisse, une devise qui s’écroule et un gouvernement qui s’inquiète. La Roumanie n’est pas imperméable à la crise financière qui secoue actuellement toute la planète. Laurentiu Rosoiu, analyste financier, décrypte la situation
(Photo : isgtw.org)
LPJ - Quelles sont les principales conséquences de la crise financière mondiale sur l’économie roumaine ? Laurentiu Rosoiu - La première est le risque de la baisse du rythme de la croissance. Une baisse qui sera due à la prudence des grandes compagnies, qui vont probablement stopper leurs investissements ou leur développement en Roumanie. Maintenant, il est peu probable - selon les officiels, les analystes sont plus sceptiques - que les problèmes du système bancaire mondial contaminent le système financier roumain. Mais les premiers signaux de la crise en Roumanie se retrouvent pourtant dans la baisse de liquidités sur le marché monétaire, et dans les réticences, de plus en plus nombreuses, des banques d’accorder des emprunts sur le marché monétaire interbancaire. Plus concrètement, il s’agit de la dépréciation de la monnaie nationale. Et c’est inquiétant, parce que cela va entraîner l’augmentation de la valeur des mensualités sur les emprunts bancaires à la population. Ce qui correspond, en fait, à l’augmentation du risque de non remboursement.
LPJ - Comment analysez-vous cette dépréciation ? L.R. - La dépréciation du leu n’est pas normale si l’on regarde la tendance de son cours par rapport à l’euro durant ces trois dernières années. Mais elle est normale, si on la regarde par le prisme des événements qui ont lieu au niveau mondial et national. D’un côté, on assiste à la diminution des prises de risque des investisseurs étrangers, de l’autre, à des mesures populistes prises par le gouvernement, comme l’augmentation accélérée des salaires et des retraites. C’est tout cela qui rend possibles et normales les variations élevées du cours euro/leu. Mais la dépréciation extrêmement accélérée de la monnaie nationale de ces derniers jours pourrait être utilisée par les spéculateurs étrangers, qui vont certainement essayer de forcer la main de la BNR (Banque Nationale Roumaine, ndlr) pour qu’elle augmente ses taux directeurs.
LPJ - La suite des événements ? L.R. - Je pense qu’à court, moyen terme, l’économie roumaine va avoir du mal à démontrer la solidité de ses bases aux grands investisseurs étrangers. Il se pourrait même que les investisseurs locaux soient réticents à développer de nouveaux projets. Ceci dit, les investisseurs étrangers qui sont déjà sur le marché local, n’ont aucune raison de s’en aller. Dans le pire des cas, ils vont adopter une attitude attentiste sur leurs projets de développement. Par ailleurs, je pense que les fonds européens vont assurer le développement économique de la Roumanie, sans oublier le potentiel énorme du milieu rural. Propos recueillis par Jonas Mercier (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 8 octobre 2008 Rencontre entre Jouyet et la presse française de Bucarest : Dans le cadre de sa visite en Roumanie, le secrétaire d'Etat français Jean-Pierre Jouyet a déclaré hier à la résidence de l'ambassade de France qu'au sujet de la crise financière actuelle, "il fallait une coopération très étroite (...) C'est un test pour la zone euro, l'Union européenne doit être responsable et unie comme lors du conflit entre la Géorgie et la Russie (...) Par ailleurs, le FMI doit exercer une surveillance financière et monétaire, il est à regretter que le FMI n'ait pas jusqu'à présent davantage agi comme un gendarme financier".
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