| Ecrit par Johanna Pons et Simon Agez,
le 07-10-2008 00:00
|
|
Françoise Barré Sinoussi a reçu hier le prix Nobel de médecine. Un prix qu'elle partage avec le professeur Luc Montagnier et pour d'autres recherches avec le scientifique allemand Harald zur Hausen. La nouvelle est tombée alors qu’elle se trouvait à Phnom Penh. Rencontre
François Barré Sinoussi avec Jean-François Desmazières, l'Ambassadeur de France (photo: LPJ Cambodge)
Premier prix Nobel français de médecine depuis 28 ans Lundi 6 octobre à midi, heure française, le comité Nobel a annoncé depuis Stockholm son choix de décerner le prix Nobel de médecine à l’Allemand Harald zur Hausen pour ces travaux sur le cancer du col de l’utérus, mais également aux Français Luc Montagnier et Françoise Barré Sinoussi pour leur recherche sur le virus du SIDA. Venue à Phnom Penh à l’occasion du Congrès Cambodge Santé 2008 (qui, porte cette année sur le sida et tuberculose), la chercheuse reçoit ainsi une récompense qui marque aussi et surtout une reconnaissance définitive de son travail. Ce prix nobel met ainsi fin à une querelle scientifique de plus de 20 ans, la paternité du virus étant également revendiquée par l’équipe américaine du professeur Gallo.
Le Président français Nicolas Sarkozy a aussitôt félicité les 2 lauréats : "Ce prix Nobel honore l’ensemble de la médecine française" a-t-il déclaré. Pourtant, Françoise Barré Sinoussi assure que la France a encore bien des efforts à faire. Elle dénonce l’absence de moyens de la recherche française, qui décourage des vocations scientifiques : "La génération actuelle de chercheurs a besoin d’une relève, et je crains qu’elle ne soit insuffisante". Néanmoins, elle se félicite de la compétitivité de l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida pour laquelle elle travaille, qui est capable de faire face aux plus grands laboratoires américains.
Une récompense qui tombe à point au Cambodge Françoise Barré Sinoussi se dit émue de recevoir le prix Nobel de médecine alors qu’elle est au Cambodge. En effet, elle est impliquée dans des recherches au sein d’un des pays les plus touchés au monde par la pandémie. La scientifique évoque notamment le rôle des associations, mais aussi des campagnes d’éducation qu’il est nécessaire de mettre en place afin de rendre chacun responsable. La chercheuse souhaite plus largement contribuer à l’amélioration de la santé au Cambodge, car ici le sida est selon elle "un danger parmi d’autres".
Malgré l’obtention de ce prix, elle souhaite ne rien changer à ses habitudes et veut continuer de coopérer avec le Cambodge comme avec d’autres pays, tels que le Vietnam et le Burkina Faso, pour lutter contre le fléau qu’est le sida. Françoise Barré Sinoussi mène ce combat avec passion et se dit chanceuse d’avoir pu en faire son métier. Elle espère qu’un jour, les recherches permettront la découverte d’un vaccin contre le virus car "le SIDA n’est pas un problème terminé, y compris en France".
Johanna Pons et Simon Agez (www.lepetitjournal.com Cambodge) mardi 7 octobre 2008
Pour en savoir plus lire aussi http://www.lepetitjournal.com/content/view/31920/204/
|