| Ecrit par Eric MEYER,
le 07-10-2008 00:00
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Pour l'avenir du TGV chinois (CRH), Zhang Shuguang, vice ingénieur chef au ministère des chemins de fer voit en grand : d'ici quatre ans, sera lancé le train à 380km/h entre Pékin et Shanghai, chantier de 22 milliards d'euros. La rame n'existe pas, mais Zhang croit en sa sortie possible dans les temps D'ici quatre ans, le TGV sera chinois sera lancé à 380km/h entre Pékin et Shanghai, chantier de 22 milliards d'euros. La rame n'existe pas, mais Zhang croit en sa sortie possible dans les temps Une telle prétention ne prête plus à sourire depuis cet été, où le CRH-3 (dérivé de l'ICE de Siemens, construit à Tangshan, Hebei), roule à 350km/h sur la ligne Pékin-Tianjin. L’objectif de 380km/h n’est pas indifférent: il permettra d'avaler les 1318km de Pékin à Shanghai, en 4h (sans compter les arrêts sur le trajet) au lieu des 12h actuellement nécessaires. De quoi tailler des croupières aux avions sur la même route (2h de vol, + trajet-aéroport, fouilles, check-in etc). De quoi aussi épargner une énergie précieuse. De quoi enfin, menacer les marchés étrangers des TGV français, ICE allemand et autre Shinkansen japonais. L'an passé, le TGV a amélioré son record du monde de vitesse (574.8km/h), et le Shinkansen s'apprête à passer à 360km/h en moyenne. Cependant, aucun doute possible, ces maîtres mondiaux sont indéniablement rattrapés par l'élève chinois.
Transfert de technologie Ils l'ont été à une vitesse fulgurante : quinze ans seulement. Avec grand succès, la Chine a appliqué une stratégie -également suivie dans les filières du nucléaire et de l'aéronautique, en invitant sur son sol les détenteurs mondiaux (Siemens/ICE, Mitsubishi/Shinkansen, Alstom/TGV), puis en les mettant en concurrence et en les amenant à céder leurs décennies de recherches et de brevets, moyennant l'achat de quelques rames –et leur présence sur le marché chinois. De la sorte, le transfert de ces technologies à leurs Joint-Venture locales, a permit à la Chine de constituer en quinze ans sa propre infrastructure de production, design, maintenance et certification. Atout d'export futur, auquel s'ajouteront ceux des « amitiés tiers-mondistes », et son prix imbattable de construction.
Eric MEYER, de notre partenaire du Vent de la Chine (www.lepetitjournal.com) mardi 7 octobre 2008
NB1 : la priorité des investissements va à Shanghai et sa région (40% du PIB pour 25% de la population), mais à terme, toutes les métropoles seront reliées au réseau TGV de 12.000km. NB2 : Pour moduler les propos de M. Zhang Shuguang, il convient quand même de préciser les faiblesses de ce rail chinois, régulièrement cité pour son incompétence. Dernier incident en date : le 28 avril dernier, deux trains entraient en collision dans la province du Shandong. Bilan : 70 morts, 420 blessés ; une des pires catastrophes ferroviaires depuis dix ans en Chine.
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