|
A la tribune des Nations Unies à New York, le Ministre des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a déploré, la semaine dernière, qu'il y ait "deux poids, deux mesures" dans le domaine des droits humains. Le Proche-Orient a également été au menu des entretiens M. Ahmed Aboul Gheit, Ministre des Affaires Etrangères (Photo service de presse de la Présidence)
Le Ministre des Affaires Etrangères Ahmed Aboul Gheit a plaidé pour la promotion des droits économiques et sociaux dans le cadre des droits humains. "Nous devons changer le fait que les droits économiques, sociaux et culturels sont malheureusement moins considérés que les droits civils et politiques ", a déclaré le chef de la diplomatie cette semaine à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York. Aboul Gheit a averti que cette tendance produit un effet négatif sur l'opinion publique dans beaucoup de pays en développement, en particulier pour ceux dont les conditions de vie sont très difficiles. Et d'ajouter que les discussions sur les droits de l'homme constituent un luxe inaccessible, qui vient bien après les revendications des plus pauvres qui luttent pour la survie. Le Ministre a mis l'accent sur la nécessité du renforcement des droits économiques et sociaux, préalable au renforcement des droits humains. D'autre part, le chef de la diplomatie a dénoncé l'usage de la liberté d'expression pour inciter à la haine basée sur la religion. "Nous rejetons toute tentative de décrire des insultes répétées contre les religions et les saintetés comme un prétexte légitime de la liberté d'expression ", a-t-il affirmé, faisant référence à la publication répétée en Europe de caricatures sur l'Islam. Aboul Gheit a appelé l'Europe à résoudre ce problème de manière sage et objective, afin de réaliser un équilibre entre la protection de la liberté d'expression de certains et le respect des droits et des sentiments des autres. Le Proche-Orient au centre des discussions Outre les problèmes des droits humains, le Proche-Orient a été à l'ONU au centre d'une intense activité diplomatique. Le Conseil de sécurité, réuni au niveau ministériel à la demande du groupe arabe, a débattu de la colonisation juive dans les territoires palestiniens. C'est la principale pierre d'achoppement dans les négociations israélo-palestiniennes relancées en novembre 2007 à Annapolis, près de Washington, avec l'objectif d'aboutir en 2008. Les Ministres des Affaires Etrangères Egyptiens et Saoudiens ont affirmé que la poursuite de la colonisation rend impossible la création d'un Etat palestinien viable. Même son de cloche pour le Secrétaire Général de la Ligue Arabe, Amr Moussa, qui a pour sa part affirmé que "la colonisation a atteint un point susceptible de tuer tout espoir d'un Etat palestinien viable". Selon les observateurs, l'accord de paix escompté entre Israël et les Palestiniens reste fuyant à l'approche de l'échéance de fin 2008. Chérif CHAFIK (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mercredi 8 octobre 2008 |