| Ecrit par Sébastien VANNIER,
le 06-10-2008 00:00
|
|
Récemment arrivés dans le gouvernement régional de Hambourg en compagnie de la CDU, les Verts se sont vus obligés d’accepter la construction de la centrale à charbon de Moorburg. Cet épisode relance le débat sur le positionnement des Verts en matière énergétique Les Verts à l'épreuve de la Realpolitik (photo. S. Vannier)
La nouvelle donne politique en Allemagne qui oblige les partis traditionnels à chercher de nouvelles coalitions amène chaque camp à se remettre en question. En acceptant de s’allier avec la CDU à la suite des élections régionales de février à Hambourg, les Verts savaient qu’ils allaient être confrontés à des dossiers délicats.
Moorburg, défaite des Verts Ainsi, après avoir combattu pendant toute la campagne électorale contre la construction de la centrale à charbon de Moorburg, un "Klimakiller", les Verts ont dû, par le biais de la nouvelle sénatrice de l’environnement Anja Hajduk, se résoudre à signer l’autorisation de construction. Certes, les Verts hambourgeois annoncent avoir fait tout ce qui était en leur pouvoir pour éviter de donner leur aval à l’entreprise Vatenfall et qu’ils n’avaient pas d’autres choix, juridiquement, que de signer. Mais symboliquement, ils reconnaissent que, au moment où les Verts se battent pour renforcer la politique climatique, le fait d’accepter une centrale qui produira 8 millions de tonnes de CO2 par an est une "cinglante défaite" qui met à mal l’image du parti.
Centrale à charbon de la région de Heilbronn, dans le Baden Würtemberg (photo. S. Vannier)
Quel choix énergétique ? Le bureau fédéral des Verts, à travers la voix du vice-président de la fraction au Bundestag et ancien ministre de l’environnement, Jürgen Trittin, a défendu la sénatrice de Hambourg. Mais, alors que l’ensemble de la classe politique tente de résoudre le dilemme énergétique, cet épisode met la politique des Verts sur le devant de la scène. La veille de cette décision en effet, le bureau fédéral des Verts avait annoncé promouvoir un moratoire sur la construction de nouvelles centrales à charbon. La fraction verte de Berlin a également réaffirmé s’opposer à la construction d’une centrale du genre à Lichtenberg. Le candidat à la présidence des Verts, Cem Özdemir, déclarait pourtant le 11 septembre dernier dans le Spiegel que cette option n’était pas complètement à exclure.
Verts et CDU s’opposent sur le nucléaire Une des autres options énergétiques, le nucléaire, est en effet toujours tabou pour les Verts. Pour cette raison, ils ont annoncé qu’une alliance avec la CDU au niveau fédéral était clairement à exclure. "La CDU se dirige de plus en plus vers une représentation parlementaire de l’industrie nucléaire", déclarait Özdemir en juillet à la Berliner Zeitung. La CDU, en effet, n’a pas hésité à promettre qu’une prolongation de la durée des centrales nucléaires en fonction pourraient soulager les contribuables de près de 40 milliards d’euros. L’équation énergétique est donc encore loin d’être résolue mais elle restera à coup sûr une des clés du jeu des alliances politiques qui continuera à battre son plein dans les prochains mois en Allemagne. Sébastien VANNIER (www.lepetitjournal.com) lundi 6 octobre 2008
|