|
POLITIQUE – Ségolène Royal de passage en Grèce |
|
lundi 06 octobre 2008 |
L’ex-candidate aux présidentielles était invitée par le magnat des médias grecs et président du Megaron, Christos Lambrakis, à se prononcer le 2 octobre dernier lors d’un débat au Palais de la Musique sur le thème "L'avenir de la Gauche et la mondialisation". Mais c’est la question de la crise financière actuelle et de ses conséquences qui a finalement occupé les échanges. Avec en arrière-plan, le rôle de proposition que devrait jouer la gauche selon la candidate à la direction nationale du PS français. Récit
C’est devant une salle comble et acquise à sa cause que Ségolène Royal a présenté jeudi dernier les grandes lignes de son projet pour une autre mondialisation. Une mondialisation qu’elle voudrait plus démocratique et où un ordre juste régnerait. Trois mots – ordre, juste et démocratique- qui ont ponctué à de muliples reprises un discours tout entier axé sur la crise financière actuelle et ses conséquences. Sans surprise, la candidate socialiste s’est alignée sur les tenants d’une plus grande régulation de la bulle financière et économique, avec bien évidemment l’État dans un rôle d’arbitre et de leader. "Il est grand temps de remettre la volonté politique au centre de nos projets" a ainsi argumenté Ségolène Royal. "L’ordre juste c’est la finance au service de l’économie et l’économie au service du développement durable et du bien-être. Aujourd’hui le capitalisme financier, c’est le désordre". La candidate s’est prononcée pour un sauvetage des banques mais pas sans garanties et surtout sans contreparties.
Une occasion pour la gauche Ségolène Royal a déclaré voir dans ce moment très particulier une occasion quasi historique; l’espoir pour la gauche de reprendre la main et de proposer un modèle de société et de développement qui replacerait les valeurs sociales, culturelles et environnementales au centre des projets politques. Elle rejoint d’ailleurs en cela les propositions faîtes la semaine dernière par Georges Papandréou, président du parti socialiste grec (PASOK) et de l’Internationale Socialiste lors du congrès de ce mouvement à New York et qui appellent notamment l’Europe à se doter de nouvelles règles qui pourraient servir de modèle au monde entier. Reste à savoir si les opinions publiques européennes, particulièrement lassées des discours politiciens de droite comme de gauche, et qui ont tendance à déserter le champ politique, vont lire dans ce tournant important les mêmes perspectives de changement que Ségolène Royal. Difficile en effet de prendre tellement de hauteur lorsque la seule réalité pour nombre de citoyens grecs, français, européens ou américains est tout simplement de pouvoir garder sa maison, remplir son frigo ou payer ses factures. Adéa Guillot (www.lepetitjournal.com/athenes.html) lundi 6 septembre 2008 |