| Ecrit par Marion Guyonvarch,
le 06-10-2008 00:00
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Etudiants en colère, fonctionnaires qui menacent d’une grève générale : les revendications sociales et salariales se multiplient, à deux mois des élections législatives (Photo : Mediafax)
Le gouvernement Tariceanu rêvait sans doute d’une rentrée sociale plus calme. Ces dernières semaines, il subit un feu nourri de protestations et de revendications - salariales notamment. Professeurs, fonctionnaires, mais aussi étudiant, les mouvements sociaux se multiplient. D’abord, parce que la hausse des prix et la croissance économique du pays poussent les syndicats à réclamer des hausses de salaire. Mais aussi car à deux mois des élections, le moment est propice pour faire pression sur les politiques. Ce sont les professeurs qui ont ouvert le feu, à la veille de la rentrée scolaire, en réclamant une majoration salariale et en menaçant d’une grève générale s’ils n’étaient pas entendus. Ils ont finalement obtenu une première majoration de 9%, déjà prévue par le gouvernement. Mais le 30 septembre, le Parlement, à l’initiative d’une proposition déposée par un élu PSD, a décidé d’augmenter les salaires des cadres didactiques de 50%... "Comment vivre avec 3 lei par jour…" Les étudiants ont ensuite pris le relais, en réclamant une augmentation des bourses d’Etat et la construction de foyers universitaires. Actuellement, les boursiers touchent entre 220 et 300 lei par mois. A l’issue d’une première rencontre avec le ministre de l’Education, Cristian Adomitei, les étudiants se sont vu proposer que les bourses soient revalorisées, de 15% au 1er janvier 2009, puis de nouveau de 15% au 1er octobre 2009. Mais elle ne seront pas doublées immédiatement comme ils le souhaitaient. Une proposition que George Paduraru, président de l’Union nationale des étudiants de Roumanie, a qualifiée "d’humiliante et de très insuffisante". "Nous invitons le ministre à venir sur le campus et à nous expliquer comment vivre avec 3 lei par jour", a ajouté le leader syndical. Il a par ailleurs précisé qu’une manifestation serait organisée cette semaine et que si rien n’était fait, les étudiants entreraient en grève à la mi-octobre. Cette semaine toujours, ce sont les fonctionnaires qui vont faire entendre leur voix. "Nous entrons en grève générale jeudi, sans préliminaires", a annoncé Vasile Marica, le président de l’association nationale des syndicats de fonctionnaires Sed Lex, affirmant que 100.000 fonctionnaires publics vont bloquer les trésoreries, caisses de retraite, mairies… Ils veulent eux aussi bénéficier d’une majoration salariale de 50%, à l’instar de celle obtenue par les professeurs. Or augmenter tous ces salaires risque de faire augmenter l’inflation et de creuser le déficit budgétaire. Le Premier ministre Tariceanu a donc convoqué une réunion sur le sujet samedi et décidé de saisir la Cour constitutionnelle pour invalider la décision du Parlement d’augmenter les professeurs de 50%, car il est effrayé par l’impact potentiel d’une telle mesure sur l’économie. Il a par ailleurs affirmé que chaque ministre allait discuter avec les syndicats "pour ouvrir le dialogue dans un mode rationnel, responsable et solidaire". (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 6 octobre 2008
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