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Deux dirigeants de l’APD dont l'un des chefs de file, Chamlong Srimuang, ont été arrêtés ce week-end. Alors que le contexte était plutôt à l’apaisement, avec des négociations avec le gouvernement et la signature d’un accord sur l’amendement de la Constitution, ces arrestations risquent de remettre de l'huile sur le feu Chamlong Srimuang a été arrêté hier matin alors qu’il s’apprêtait à voter aux élections de Bangkok. Il avait laissé quelques heures plus tôt une lettre adressée aux Thaïlandais leur demandant de poursuivre les manifestations (Photo d’archives LPJ Bangkok.com).
Voilà deux arrestations qui risquent de relancer les tensions politiques, après une phase de détente. L’un des principaux chefs de l’Alliance du Peuple pour la Démocratie, le général Chamlong Srimuang, a été arrêté par la police hier, en se rendant dans un bureau de vote pour élire le gouverneur de Bangkok. Vendredi, un autre dirigeant de l’APD, Chaiwat Sinsuwong, avait été arrêté alors qu’il revenait d’une visite chez un député démocrate. Les neuf dirigeants de l’APD sont sous le coup de mandats d’arrêts, notamment pour trahison, depuis fin août, pour avoir encouragé des manifestations demandant la chute du cabinet et occupé la pelouse du siège du gouvernement. Mais jusqu’ici la mesure n’avait pas été appliquée. Selon la loi thaïlandaise, une personne reconnue coupable de trahison est passible d’emprisonnement à vie ou de la peine de mort. L’APD met en question la légalité de ces arrestations car les recours en appel contre les mandats d’arrêt n’ont pas encore été examinés. Le chef de la police de Bangkok a déclaré pour sa part que les agents n’ont rien fait d’autre que leur devoir en arrêtant Chamlong lorsqu’ils l’ont aperçu au bureau de vote. Marche arrière sur les pourparlers Le contexte de ces derniers jours était pourtant plutôt encourageant, avec l’amorce de discussions entre le gouvernement et l’APD par le biais du vice-Premier ministre Chavalit Yongchaiyudh, ainsi qu’un accord entre le gouvernement et l’opposition sur la modification de la Constitution (voir plus bas). Les arrestations sont d’autant plus surprenantes que, selon l’assistant de Chavalit, un accord avait été conclu avec la police pour qu’elle n’appréhende personne pendant au moins une semaine, le temps des négociations. Et alors que le Premier ministre Somchai Wongsawat appelait mercredi dernier l’APD à évacuer le site des manifestations avant la crémation de la princesse Galyani et le sommet de l’ASEAN, Chamlong semble avoir prémédité son arrestation. Selon la chaîne de télévision NBT, l’ancien général a écrit une lettre à ses supporters hier à 6h30 du matin, avant de se rendre dans le bureau de vote dans lequel il a été arrêté. Le message a été lu à 9h aux manifestants qui campent dans le siège du gouvernement. Chamlong y assure qu’il est du devoir "de tous les Thaïlandais de payer leur dette à la mère patrie" en prenant part aux manifestations. Emmanuelle MICHEL (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) lundi 6 octobre 2008 Accord gouvernement-opposition autour de la Constitution Le Premier ministre Somchai Wongsawat et le chef de l’opposition démocrate Abhisit Vejjajiva sont parvenus vendredi à un accord sur le processus d’amendement de la Constitution. Il s’agirait d’amender l’article 291 de la Constitution, afin de permettre au public de participer aux modifications. Des représentants régionaux, des représentants de différentes professions et des juristes pourraient ainsi être désignés. Le processus devrait prendre au moins 7 mois. Les participants à la réunion ont aussi demandé au Premier ministre de décider ce qu’il fallait faire de la pétition présentée par l’activiste Weng Tojirakarn. Il demande le remplacement de la Constitution de 2007 par celle de 1997. Il a déjà recueilli plus de 71.000 signatures. (E.M. LPJ – 06/10/2008) |