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MUSIQUE – Keziah Jones : métro, boulot, afro |
| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 06-10-2008 00:00
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Après une carrière lancée dans le métro parisien, Keziah Jones rejouait
dans les couloirs de la RATP le mois dernier pour la sortie de son 5ème
album. Nigerian Wood illustre sa résurrection entre Lagos et New York, sur fond d’afro beat et de funk
Si Keziah Jones avait des remerciements à faire, il pourrait se tourner
de façon classique vers ses parents et ses amis, mais aussi du côté de
la RATP. Pour cet artiste nigérien atypique, tout a commencé dans le
métro parisien en 1991, où il a été repéré par Emmanuel de Buretel, pas
encore patron de Virgin à l’époque. Le titre Rhythm is Love, qu’il
jouait alors avec passion sur sa guitare, est devenu un tube sur son
premier album paru en 1993.
Blufunk is a fact ! est resté cependant confiné à l’Hexagone, ne
faisant pas succomber l’Angleterre ni les Etats-Unis, tickets
obligatoires pour le succès international. Le son mêlant afro beat,
blues et funk des albums African Space Craft (1995) et Black Orpheus
(2003), et l’expérimental Liquid Sunshine (1999), ne font que confirmer
la tendance.
Retour aux sources
Mais Keziah Jones, de son vrai nom Olufemi Sanyaolu, n’est pas du genre
à se laisser démonter. Comme lorsque son père voulait en faire un
médecin mais qu’il s’est lancé dans la musique. Le mois dernier à
l’initiative de la RATP, il revenait aux origines de sa carrière avec
des mini-concerts dans le métro, pour présenter Nigerian Wood.
Auparavant, cinq ans de passage à vide l’ont conduit de Paris à New
York, en passant par Lagos où il est né en 1968, et Londres où il a été
élevé. Installé à Brooklyn depuis l’année dernière, Keziah Jones a dû
énormément battre le pavé pour trouver l’inspiration tant sa musique
s’est parée de tonalités urbaines.
Il émane de ce 5ème album, oscillant toujours entre ses racines
africaines et son goût pour le blues et la soul, la magie envoûtante
des lumières qui se posent sur une ville à la tombée de la nuit. Sa
voix à la fois chaude et cristalline, nous transporte tour à tour dans
un club de jazz à la grande époque de Soho, à bord d’une "Belle
Américaine" avalant le macadam avec fluidité, ou aux côtés de Richard
Roundtree alias Shaft, du temps de la black exploitation.
Il y a de la rage chez Keziah Jones, mais positive car teintée d’une
certaine décontraction. Sans doute celle qui l’a fait tenir dans les
moments de doute. Et avec Nigerian Wood ce véritable artiste dispense
ses bonnes vibrations avec un plaisir dont on perçoit toute
l’authenticité.
Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) lundi 6 octobre 2008
Nigerian Wood, Keziah Jones (Because Music/Wagram), sorti en France le 1er septembre
Keziah Jones dans le métro
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