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ENVIRONNEMENT – L’antenne-relais au risque de la précaution |
| Ecrit par Anne Lapierre,
le 03-10-2008 00:00
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La justice vient de contraindre l’opérateur Bouygues à démonter une antenne-relais installée dans le Rhône. Si les risques sanitaires ne sont pas avérés, c’est le nouveau principe constitutionnel de précaution qui est à l’origine de la décision de justice
Le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre (Hauts-de-Seine) vient d’ordonner à un opérateur de téléphonie mobile de démonter une antenne relais au nom du principe de précaution désormais inscrit dans la constitution. Bouygues Telecom a donc 4 mois pour retirer son antenne de Tassin-La-demi-Lune (Rhône) et payer 3.000 euros à chacun des trois couples, riverains de l'antenne. Si cette décision reste une première France, elle a le mérite d’être à la fois clair et trouble. Ainsi, le principe de précaution fait dire qu'il y a un risque potentiel sur la santé des riverains donc donne raison aux plaignants. Mais en constatant l’existence du débat scientifique, le tribunal estime qu’en l’absence de certitudes médicales, le danger reste possible et le doute suffisamment raisonnable pour invoquer le principe de précaution. Or toute la question revient à interroger la possible nocivité des champs électromagnétiques sur la santé publique, et à y répondre adéquatement. Or des études ont démontré que malgré des seuils réglementés, les normes actuelles ne protègent que partiellement des effets des ondes électromagnétiques. Ainsi des riverains de ce genre d’émetteurs peuvent ressentir des maux de tête, nausée, troubles cardiaques ou du sommeil, eczéma…
Aux pouvoirs publics de prendre le relais Tandis que la médecine y réfléchit, la justice n’exclut donc pas qu’il existe un lien entre les symptômes et la proximité des antennes relais. Ce serait donc aux pouvoirs publics justement de prendre le relais. Comme l’explique au Nouvel Observateur le Dr Pierre Sauvet, ils pourraient notamment décider d’imposer une limite d'exposition aux champs électromagnétiques à 0,6 volt par mètre ainsi qu'une distance d'au moins 300 mètres entre l'habitation et l'antenne. Ou de faire en sorte que les riverains soient consultés lors d'implantation d'antennes-relais, ce qui n'est pas le cas actuellement. Eric Besson, le secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique veut donc réunir le 17 octobre les trois opérateurs de téléphonie mobile pour avancer sur le dossier de l'implantation des antennes-relais. "Aujourd'hui nous n'avons rien de probant sur un lien entre les antennes-relais et une pathologie", estime quant à elle Nathalie Kosciusko-Morizet. La secrétaire d'Etat à l'Ecologie se dit beaucoup plus inquiète sur l'impact éventuel des téléphones portables. Anne LAPIERRE. (www.lepetitjournal.com) vendredi 3 octobre 2008
Le Parisien : Une antenne-relais condamnée au nom du principe de précaution Nouvel Obs : "La France doit réduire les normes" La Voix du Nord : Débat sur les antennes relais : les ondes restent brouillées
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