| Ecrit par Alexandra Beugnet,
le 02-10-2008 00:00
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L’édition mexicaine du Monde Diplomatique est réapparue dans les kiosques depuis le 6 septembre dernier. Fidèle à sa ligne éditoriale, il se montre de gauche, altermondialiste, critique et exhaustif dans ses recherches. Le journal se définit comme «une nouvelle voix dans le débat diplomatique au Mexique».
 Une lectrice du Monde Diplomatique (Photo: Alexandra Beugnet)
Le 6 septembre dernier, le Monde Diplomatique a remis les pieds au
Mexique après des années d’absence. Edité par la société mexicaine
Lemondediplomex, il sera publié en 15.000 exemplaires dans les
grandes villes du pays : Toluca, Puebla, Tlaxacla, Morelia, Guadalajara et Monterrey. 7000 de ces exemplaires seront offerts en supplément aux abonnés de la Jornada. Les deux organes de presse disent avoir des affinités, mais Jean-François Boyer, directeur du Monde Diplomatique, souligne que « d’un point de vue éditorial, ils sont complètement indépendants. » Car le Monde Diplo a, bien sûr, une visée internationale, et seulement 40% au maximum seront consacrés aux affaires locales. Durant l’inauguration, le 24 septembre à l’IFAL, le directeur du Monde Diplomatique a expliqué la ligne éditoriale dont le but est «d’apporter des axes de lecture » et d’être lisible par tout le monde, même si c’est avant tout à une demande intellectuelle qu’il répond. En effet, selon l’historien Lorenzo Meyer, « pour le Mexique, le reste du monde est très éloigné et [demeure] une autre réalité », c’est un pays « isolé et qui manque de contraste international pour acquérir une réflexion. […] Le Mexique est obsédé par lui-même.» Luis Hernandez Navarro, rédacteur en chef à la Jornada, a, quant à lui, mis l’accent sur les lacunes de la presse contemporaine, qui subit « le monopole croissant des industries culturelles », et se concentre sur le sensationnel et l’immédiat. Une brèche que le Monde Diplo se propose de combler, en proposant aux lecteurs des axes de réflexion et d’interprétation. Ignacio Ramonet, l'ancien directeur de la Rédaction, n’était pas présent mais son arrivée est très attendue début octobre, peut-être dans le cadre de la commémoration du massacre de Tlatelolco. Un contenu ambitieux La première édition offre des articles traduits des éditions françaises et internationales, par exemple un reportage sur la Chine et ses ambitions navales ou encore sur le récent référendum en Bolivie. En ce qui concerne les affaires locales, c’est, bien sûr, la délinquance organisée et les cartels de narcotrafiquants qui font l’objet d’une étude approfondie. Des journalistes et chercheurs mexicains de renommés – tels que Lorenzo Meyer, Luis Hernández Navarro, Sergio Aguayo, Luis Astorga, Jorge Zepeda – ont donc été conviés en tant que conseillers éditoriaux ou rédacteurs. Cette nouvelle parution est très symbolique puisqu’il s’agit de la quatrième au Mexique. Chaque décade, depuis les années 70, a connu son Monde Diplomatique, expériences parfois conclues par des tragédies : en 1986, le corps du président de l’édition, Ivan Menéndez, avait été retrouvé dans le coffre de sa voiture, criblé de balles. Un suspect avait été arrêté mais les circonstances du meurtre sont toujours restées nébuleuses. En 1998, Claudio Cortés Garcia, l’un des responsables de l’édition, avait également été retrouvé étranglé dans sa voiture. Alexandra Beugnet (www.lepetitjournal.com) le Jeudi 2 octobre 2008
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