Selon une enquête réalisée début septembre par NRK, seuls 38% des
Norvégiens soutiennent le projet d’organisation des jeux olympiques
d’hiver à Tromsø en 2018. Ce ne sont pas les chiffres présentés mardi par les cabinets d'expertise au ministre de la Culture qui
risquent de soulever l’enthousiasme
Trond Giske, ministre de la Culture, a reçu mardi le rapport commandé à trois cabinets d'audit par son ministère et par le ministère des finances sur le projet Tromsø 2018 (photo : Guri Dahl / Statsministerens kontor)
Mardi 30 septembre était une étape importante sur la route des Jeux Olympiques d’hiver pour le projet
Tromsø 2018. Le rapport des trois cabinets d’expertise consultés par le ministère de la culture et le ministère des finances sur l’estimation des coûts du projet était en effet présenté à cette date. Le chiffre annoncé par
Den Norske Veritas,
Advensia et
Samfunns- og næringsforksning AS est de l’ordre de 30 milliards de couronnes. Une fois les recettes déduites (ventes des billets et recettes publicitaires), la facture s’élèverait à un peu plus de 19 milliards soit le double de l’estimation initiale. Cet écart s’explique en partie par quelques "oublis"lors du premier chiffrage comme le coût du dispositif de sécurité et la construction du village olympique.
La classe politique de plus en plus sceptiqueCette nouvelle donne financière ne manque pas d’embarrasser la classe politique où le doute gagne du terrain. Au sein du gouvernement, la Gauche Socialiste (SV) et les Travaillistes sont de plus en plus sceptiques et seul le Parti du Centre apporte encore clairement son soutien au projet.
Récemment, le comité d'organisation a cherché à rencontrer plusieurs ministres pour les convaincre de la qualité du projet mais la plupart ont décliné l’invitation estimant que la responsabilité du dossier incombe avant tout au ministre de la Culture, Trond Giske, en charge des sports. Ce dernier a transmis mardi le rapport des experts aux fédérations et organisations sportives concernées qui devront faire connaître le montant de leur contribution. Le gouvernement décidera ensuite d’apporter ou non la garantie de l’Etat au dossier.
Il est à noter que mercredi dernier la France a décidé d’entrer dans la course et de proposer sa candidature pour les JO de 2018. Les villes intéressées ont jusqu’au mois de mars pour se faire connaître.
Thierry GUENIN (www.lepetitjournal.com Oslo) jeudi 2 octobre 2008