|
POLITIQUE - Querelles de voisinage |
| Ecrit par BUDAPEST,
le 02-10-2008 00:00
|
|
Les relations entre la Hongrie et son voisin slovaque ne sont actuellement pas au beau fixe. En réponse aux propos anti-hongrois tenus par Jan Slota, président du Parti national slovaque dans le gouvernement de coalition dirigé par le socialiste Robert Fico, Ferenc Gyurcsany a annulé deux fois sa visite à Bratislava. L'Union européenne est intervenue en envoyant un groupe de parlementaires socialistes chargés de s'enquérir des relations entre les deux pays
Les tensions entre Budapest et Bratislava ne datent pas d'hier. Alors que les Slovaques ont toujours dénoncé le "joug magyar", les Hongrois, eux, gardent à cœur le traité de Trianon et les décrets de Benes qui réglaient respectivement le sort de la Hongrie après la Première et la Seconde Guerre mondiale. Ce sentiment d'injustice lié au passé, bien ancré dans les mentalités d'un côté comme de l'autre est toujours présent dans le discours politique actuel et fait l'objet d'une récupération, notamment de la part des partis nationalistes. On aurait pu penser que la présence simultanée de dirigeants socialistes dans les deux pays aurait amélioré la communication, mais il n'en est rien. Slota, qui excelle dans l'art de la polémique avait déjà mis de l'huile sur le feu en manifestant son opposition à la construction d'un pont sur la frontière naturelle de l'Ipoly, de peur que les chars hongrois n'envahissent le pays. Il avait également ouvertement attaqué le président hongrois Laszlo Solyom en lui reprochant "de se comporter en Slovaquie comme dans une colonie hongroise". Mais ces déclarations peu surprenantes de la part d'un dirigeant nationaliste n'ont pas fait l'objet de critiques et ont même été reprises par le Premier ministre slovaque, le socialiste Robert Fico. L'attitude passive du président slovaque Ivan Gasparovic a aussi été dénoncée par le quotidien Sme : "Le fait que le président du parti national slovaque au gouvernement considère les voisins hongrois membres de l'OTAN et partenaires de l'UE comme des ennemis devrait être clairement critiqué par le chef de l'Etat". L'Union européenne essaie de calmer le jeu Une délégation du groupe socialiste au Parlement européen conduite par Hannes Swoboda et Jan Marinus Wiersma était présente le 19 septembre à Bratislava avant de rejoindre Budapest en passant par la commune hongroise de Mlynky pour faire le point sur les relations entre la Slovaquie et la Hongrie. Elle a joué la carte de la diplomatie en déclarant que "les relations bilatérales sont bonnes". Les socialistes européens ont en effet intérêt à améliorer les relations entre les deux dirigeants quand on sait que la tendance est à la montée des partis nationalistes dans les deux pays. Pour le quotidien de gauche slovaque Pravda, les parlementaires européens, qui avaient d'abord dénoncé la coalition formée par Fico avec le Parti national slovaque avant de se montrer indulgents, ne pouvaient établir un point de vue objectif. Certes, la communication entre les deux pays n'est pas rompue et on en est resté à des déclarations politiques concrètes sans conséquences mais pour la Pravda, l'UE laisse la tendance à l'intolérance à l'égard des minorités hongroises de Slovaquie se développer et faillit à son rôle d'arbitre des désaccords entre les membres. C.PERRON. (www.lepetitjournal.com)jeudi 2 octobre 2008
|