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A quelques jours du premier tour du 5 octobre, Marta Suplicy conserve une avance confortable dans les sondages. Le suspense concerne l’identité de son adversaire du second tour : Gilberto Kassab ou Geraldo Alckmin ?
Marta Suplicy, aux côtés de son soutien le plus efficace, le président Lula - Brasilia, 4 juin 08. Photo Fabio Rodrigues Pozzebom/ABr D’abord, un rappel. Officiellement, Gilberto Kassab et Geraldo Alckmin appartiennent à deux partis politiques distincts. Kassab, le maire sortant, représente le DEM (pour Democratas), un parti qui se définit comme «de centre et défenseur du libéralisme social». D'autre part l’ex-gouverneur de São Paulo - et adversaire de Lula au second tour de la présidentielle de 2006 – défend la bannière du PSDB (Parti Socio-Démocrate Brésilien). Les militants «tucanos» (le symbole du parti est un toucan) se considèrent comme de centre-gauche, mais la politique nettement libérale du PSDB amène de nombreux observateurs politiques à le considérer comme de centre-droit, voire carrément de droite. Pour les responsables du DEM et du PSDB, ces nuances idéologiques deviennent des détails à l’heure de l'analyse des derniers sondages. Et les chiffres sont cruels pour Alckmin, en chute libre depuis août et le début du fameux horaire électoral gratuit : moins 10 points. Dans le même temps, Kassab n’a cessé de progresser, dépassant même son adversaire tucano pour la première fois le week-end dernier (24% contre 20%).
Un scénario machiavélique La tendance serait donc à un second tour entre Kassab, maire en exercice depuis mars 2006, et la petista Marta Suplicy, en tête des sondages avec 37% d’intentions de vote, qui tente un retour aux affaires de la ville après un premier mandat entre 2001 et 2005. Face à un tel risque, les pontes du PSDB semblent prêts à transférer leur soutien à Kassab, au grand dam d’Alckmin. Un scénario machiavélique mais ô combien représentatif de la scène politique du pays, où les alliances locales de circonstance prennent le pas sur une quelconque fidélité de parti. Evidemment conscient de la situation, le tucano privilégie désormais les attaques en direction de Kassab, ce qui fait le jeu, et sans doute la joie, de Marta Suplicy. Internet sans fil pour tous Comment différencier ces trois candidats? Les principales préoccupations des paulistanos sont connus de tous : transport, santé, habitat et éducation, dans cet ordre. Plus que les programmes de chacun, les électeurs se fient surtout à la propagande audiovisuelle, omniprésente depuis le 19 août. Kassab a notamment fait mouche en assurant que le prix du bus n’augmenterait pas en 2009 s’il est élu. Marta bénéficie essentiellement de la puissance du PT en terme de propagande, sans parler du soutien d’un président Lula populaire comme jamais. Son coup marketing de campagne aura été de promettre l’accès à internet sans fil pour tous, un projet pour le moins ambitieux et qui coûtera fort cher aux coffres paulistanos. Quant à Alckmin, entre deux critiques à Kassab, il communique essentiellement sur ses réalisations en tant que gouverneur de l’Etat, avec cette phrase : «Si Alckmin a fait tout ça en s’occupant de 645 villes, imagine ce qu’il fera en ne s’occupant que d’une seule». Bertrand BLAIS (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mercredi 1er septembre 2008
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