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Le prix "France-Italie", remis à des personnalités créant des liens entre nos deux pays, a récompensé cette année Jean-Laurent Bonnafé et Luigi Abete. Car ensemble, ils ont réussi une importante fusion transfrontalière, celle de BNP Paribas et de BNL. La "patronne des patrons italiens", Emma Marcegaglia, s’est rendue en France pour la remise du prix Emma Marcegaglia entourée des deux lauréats du prix France-Italie 2008, le Français Jean-Laurent Bonnafé et l'Italien Luigi Abete (PhotoS.Gaudenti)
Déjà lauréats, le styliste Pierre Cardin, attaché à ses origines italiennes, l’entrepreneur Jean-Claude Decaux, pour son partenariat avec un groupe italien de communication ou encore Albert Uderzo, le père italien d’Astérix le Gaulois … Tous ont un point commun : ils tissent des liens très divers entre nos deux pays. Et depuis 14 ans, leur action est mise en valeur grâce au "prix France-Italie", créé par la Chambre de Commerce Italienne pour la France (CCIF), qui vient les récompenser. Cette année, parmi les lauréats, un Français dont le nom ne dit peut-être rien au grand public : Jean-Laurent Bonnafé. En effet, cet homme est plutôt du type "discret" comme le souligne un journaliste des Echos. Mais, derrière ce nom, se cache un Français extrêmement brillant. Sur son CV, Polytechnique, l’Ecole des Mines, dix ans au sein des Ministères de l’Industrie puis du Commerce Extérieur et enfin une ascension fulgurante au sein de BNP Paribas dont il est actuellement directeur général, à 46 ans. Rien d’Italien jusque là, sauf qu’en 2006, avec le Romain Luigi Abete, également lauréat, ils ont réalisé l’une des plus grandes fusions d’entreprises entre la France et l’Italie, celle de BNP Paribas et de BNL (Banca Nazionale del Lavoro), une des principales banques du pays dont le siège est à Rome.
Emma Marcegaglia au Cercle Interallié de Paris Cette fusion a été aussi inédite qu'importante. Car si la tendance bancaire est bien à l'union en Italie, il s'agit presque exclusivement d'alliances nationales, comme entre Sanpaolo et Banca Intesa. Et à l’époque, les réserves ont été nombreuses surtout de la part de Forza Italia et de la Ligue du Nord. Cependant cette union transfrontalière n'a pas été faite au détriment des cultures nationales des deux banques, si l'on en croit Luigi Abete, actuel N°1 de BNL. Il a expliqué, à l’occasion de la remise du prix, que BNP Paribas a tenu à respecter l’identité nationale de sa filiale. Il a notamment souligné que l’équipe dirigeante de BNL est entièrement italienne. Enfin, dans la crise actuelle que traversent les banques, cette fusion apparaît comme un exemple permettant d’être "plus forts et plus compétitifs". C’est ce qu’a mis en avant Emma Marcegaglia, la présidente de la Confidustria, qui a fait le déplacement en France pour remettre le prix au cours d’une soirée au Cercle Interallié de Paris le 19 septembre dernier. Véritable personnalité de l’économie italienne, elle a cependant estimé que la France et l’Italie devaient aller plus loin. Les liens qui unissent les deux pays sont "très étroits" a-t-elle dit, "mais on peut faire encore mieux notamment dans les secteurs stratégiques comme ceux de la technologie, de l’aérospatial et de la chimie." Gersende DELCROIX. (www.lepetitjournal.com - Milan) jeudi 2 octobre 2008
Pour plus d'infos sur le prix France-Italie Chambre de Commerce Italienne pour la France (CCIF), www.france-italie.net Tél.: +33 (0)1 53 93 73 82 La CCIF édite un magazine bimestriel : France Italie, magazine économique et financier. Contact : redaction@france-italie.net |