| Ecrit par Valery Lefort,
le 01-10-2008 00:00
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Superstar en Pro D2, Toulon peine à se faire une place parmi l’élite. Tant sur le terrain avec sa mêlée en carton pâte qu’en dehors avec son exubérance qui fait tâche dans le rugby français Le All-Black Jerry Collins bute sur la défense de Clermont mais pas sur les portes des night-clubs de la Côte selon les fans du RCT (photo AFP)
Tout avait pourtant débuté par un conte de fées. Première journée du Top 14, et voilà Toulon qui, mené 0-13, renverse allegro la situation et s’offre le scalp de Clermont, double vice-champion de France sortant (22-16). C’était à la fin août… Mais l’euphorie qui baignait Mayol ce soir-là pour le retour du RCT dans l’élite s’est bien vite évaporée. Car Toulon peine en ce début de championnat (8 ème place, deux victoires en six matches). Mais est-ce illogique pour un promu ? Sauf que le RCT n’est pas une équipe comme les autres. Ici, autour de cet OM du rugby, tout est amplifié, déformé, exagéré. Un mauvais nul à la maison contre Brive, des défaites qui font grincer les dents du bouillant président Boudjellal, comme celle concédée sans cœur à Mont-de-Marsan, un jeu qui tarde à se mettre en place, une mêlée en carton pâte qui fait rire la France du rugby, des bagarres et des comportements qu’on croyait disparus du paysage du rugby moderne : c’est beaucoup pour un club qui se dit et se sent mal aimé. Il faut dire que Toulon, c’est une autre planète. C’est le seul stade de France où l’ambiance, pour exceptionnelle qu’elle peut être quand tout va bien, peut aussi virer à l’aigre et davantage ressembler à une cuvette de tifosi en délire façon Calcio. Une exubérance qui fait tâche dans le rugby français, qui ne veut surtout pas singer le foot et ses excès. La semaine dernière, Serge Blanco, icône incontestée de l’Ovalie et encore patron de la puissante LNR, est du coup sorti de ses gons pour dénoncer certains comportements inadmissibles vus et surtout entendus à Toulon. Umaga sous surveillance D’ailleurs, chaque semaine ou presque, Toulon défraye la chronique. Alors que les présidents de club savent qu’ils n’ont pas le droit d’être sur le bord de touche – place réservée aux entraîneurs – Mourad Boudjellal a bravé l’interdit à plusieurs reprises. La Ligue vient donc de l’interdire de stade pendant trois semaines. L’intéressé crie au scandale et parle de riposte, avocats à l’appui… Malgré un recrutement de quelques stars (Collins, Van Niekerk, le treiziste Sonny Bill Williams), le club varois bégaie encore son rugby. Le All Black Jerry Collins est notamment montré du doigt par ses détracteurs pour son application à davantage franchir les portes des nights clubs de la Côte que les défenses adverses. Il a envoyé paître tout le monde, disant qu’il faisait ce qu’il veut de sa vie… Et ce n’est pas tout. Convoqué et sermonné par son impatient big boss, le manager Tana Umaga est également sur la sellette. L’ancienne star des All Blacks n’a d’ailleurs pas caché son agacement sur un sujet qui suinte comme le ferait une mauvaise blessure qui ne cautérise pas. Même s’il s’en défend, Boudjellal aurait pris langue avec John Connolly, qui fut il y a quelques années le coach australien de Paris. Ce week-end, Toulon est attendu de pied ferme à Perpignan pour un duel de la Méditerranée qui promet. Surtout que l’USAP a chipé Dan Carter au nez et à la barbe de Toulon. Suite au prochain épisode… Mais pas de doute, Toulon, c’est sportif ! Valéry Lefort. (www.lepetitjournal.com) 1er octobre 2008
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