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La reconstruction progresse dans le delta de l’Irrawaddy frappé par le cyclone Nargis en mai dernier. Mais certains habitants restent encore très vulnérables et la prochaine récolte de riz sera capitale pour toute la région. Reportage Delta de l'Irrawaddy, début septembre : le passage de Nargis est toujours visible 4 mois après (Photo Claire Marli)
A l’entrée du delta de l’Irrawaddy, à trois heures de route de Rangoun, les arbres déracinés et les bâches sur le toit des maisons témoignent toujours de la catastrophe. Dans la nuit du 2 au 3 mai dernier, le cyclone Nargis a frappé de plein fouet cette région située au sud du pays, qui produit 40% du riz birman. Au moins 140.000 personnes ont perdu la vie ou sont portées disparues. Au total, plus de deux millions d’habitants ont été affectés. Aux alentours de ce village accessible par la route, le travail de reconstruction est visible. Dans la capitale du district, une dizaine de maisons neuves se dressent sur la route principale, reconstruites par le gouvernement. "Les ONG nous ont envoyé un peu de nourriture, le gouvernement a prêté un tracteur au village, mais ce sont surtout des gens ordinaires qui sont venus nous aider", raconte Moe Moe, une agricultrice qui a reconstruit sa maison en bambous. "La solidarité entre Birmans a vraiment constitué l’épine dorsale de la reconstruction", insiste une responsable birmane de l’ONG World Vision. Après le blocage des premières semaines, l’accès des ONG internationales aux zones touchées s’est considérablement amélioré. "Depuis la fin mai, nous n’avons aucune restriction, à part quelques tracasseries administratives", souligne Souheil Reaiche, chef de mission de Médecins Sans Frontières (MSF) à Rangoun. La junte a interdit à l’ONU d’acheter du riz localement L’eau et la nourriture seront les enjeux cruciaux des prochains mois. "Les plans d’eaux ont été bien nettoyés, mais il y a eu moins de pluies que d’habitude cette année, ce qui pourrait entraîner une pénurie d’eau potable pendant la saison sèche", craint un expert en questions sanitaires de World Vision. Ces derniers temps, le Programme Alimentaire Mondial a rencontré des difficultés d’approvisionnement, la junte lui ayant interdit d’acheter du riz localement. Certaines zones, notamment au sud de Labutta, restent extrêmement vulnérables. "Les gens y sont en situation de survie", raconte Souheil Reaiche. La suite dépendra en grande partie de la prochaine récolte de riz, qui aura lieu ce mois-ci. Occupés à reconstruire, beaucoup d’agriculteurs n’étaient pas prêts à temps pour les semences, ou bien n’ont pas reçu de matériel adapté. Selon le PAM, 60% des zones les plus touchées ont toutefois pu être plantées. "C’est davantage que ce que nous pensions, mais cette récolte risque de n’être suffisante que pour la subsistance, explique Chris Kaye, directeur du PAM à Rangoon. Si les villageois ne peuvent pas mettre de riz de côté, cela posera un grave problème à long terme". Claire Marli (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) jeudi 2 octobre 2008
Vous pouvez lire l’intégralité de ce reportage sur le site de La Croix, la-croix.com |