| Ecrit par Betty RUBY,
le 07-12-2005 22:00
|
|
Toutes les apparitions de Cecilia Bartoli sont des événements et sa discographie connaît un succès exceptionnel. La divine revient avec Opera proibita, un voyage dans la Rome du XVIIIe siècle où l’opéra était interdit et les femmes tenues à l’écart de la scène
En concert le 11 décembre à Paris.
Cecilia Bartoli est un phénomène unique. Non contente d’être LA mezzo-soprano phare de notre époque, elle parvient, sans rien concéder à la facilité, à dynamiser de façon spectaculaire les ventes d’albums de musique classique, hélas habituellement rachitiques. En 1999, son Vivaldi Album a rencontré un succès sans commune mesure. L’enregistrement mettait en lumière des aspects méconnus du compositeur. Le même principe a été ensuite appliqué au répertoire de Gluck avec le Gluck Italian Arias. À chaque fois, la composition du disque a fait l’objet d’un travail de recherche pointilleux, permettant d’exhumer des partitions oubliées. Épaulée par le musicologue Claudio Osele, Cécilia Bartoli réalise donc le tour de force d’allier réussite commerciale et audace. Ainsi, elle a combattu les idées reçues et s’est lancée, en 2000, dans une réhabilitation éclatante du mal-aimé Salieri.
Oratorios
On se demandait donc où la curiosité de la dame allait nous conduire… Nous savons maintenant que la belle Romaine fait un tour sur ses terres d’origine. La pochette bleue d’Opera proibita est éloquente. Elle met en image la chanteuse dans la fontaine de Trevi, comme autrefois Anita Ekberg dans la Dolce vita de Fellini. Voilà un raccourci saisissant sur la nature de la ville éternelle. Pourtant, au début du XVIIIe siècle, les représentations d’opéra ont été bannies de la cité par la morale catholique de Clément XI. Mais on ne chasse pas si facilement la musique. Soutenus par quelques puissants cardinaux, Handel, Scarlatti ou Caldara ont alors détourné l’interdit en composant des oratorios, d’apparence plus conformes, et joués dans les palais privés par des castrats. C’est de ces bijoux enfouis que se pare et s’empare avec sa splendeur coutumière Cécilia Bartoli, attendue le 11 décembre au Théâtre des Champs-Élysées à Paris. Jean Marc Jacob. (LPJ) 8 décembre 2005
En savoir plus Lire une critique de Télérama http://musique.telerama.fr/edito.asp?art_airs=M0509261213591%20&srub=2&lettre2=C L’interview du Monde : Cecilia Bartoli, une diva sur le terrain des hommes http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-693718,0.html
|