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AMIENS – Honte au bizutage ! |
| Ecrit par Florence Pensonni,
le 26-09-2008 00:00
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La tradition de faire subir des rites humiliants, moralement et psychologiquement aux étudiants de première année a la dent dure. Bien que le bizutage soit interdit en France depuis 10 ans, des témoignages venus de la fac de médecine d’Amiens sont consternants
Confiné dans les amphis, ou exposé en pleine rue, le bizutage reste une infinie crétinerie (photo AFP)La rentrée à la fac de médecine d’Amiens démarre dans la stupide tradition du bizutage. Sur RTL, deux étudiants rapportent de douloureuses scènes qui auraient lieu sur les élèves de première année. À l'entrée de l'amphithéâtre principal, les redoublants sélectionnent leurs victimes à qui ils imposent de simuler des positions sexuelles sur le bureau du prof. Un autre étudiant se fait alors déshabiller devant près de 500 élèves. Les profs témoins de ces scènes auraient laissé faire sans bouger d’un cil. Bref, la honte est jetée sur les bizuths, les bizuteurs et sur l’ensemble de la fac. Mortifié, le doyen de la faculté de médecine assure toutefois ne pas avoir été informé de l’existence de ces scènes. Il s’en défend dans les colonnes de Ouest France : "Ca fait très longtemps que des mesures très strictes ont été prises pour interdire le bizutage et qu'elles sont rappelées aux étudiants à chaque début d'année", explique le professeur Bernard Nemitz. Pourtant Valérie Pécresse prend l’affaire suffisamment au sérieux pour demander au recteur de diligenter une enquête. La ministre de l'Enseignement supérieur confiait hier matin au micro de RTL avoir elle-même fait l’objet d’un bizutage extrêmement dur lorsqu’elle était en prépa, et en conserver encore une profonde humiliation.
Dénoncer sans cesse Aussi en appelle-t-elle à "une prise de conscience globale de toute la communauté universitaire" pour dénoncer et lutter contre de tels agissements. Le bizutage est pourtant encadré par un arsenal répressif. Interdit depuis 10 ans en France, il est considéré comme un délit passible de 6 mois de prison, ainsi que d'amendes de 7.500 euros. Les peines peuvent être doublées si la victime est mineure ou vulnérable. Marie-France Henry, la présidente du Comité national de lutte contre le bizutage, considère toutefois que même si la réalité du bizutage reste très difficilement chiffrable, il semble que les pratiques soient en évolution ces dernières années. Les humiliations à connotation sexuelle se transforment en brimades psychologiques et se jouent lors des fameux week-ends d'intégration. Quoi qu’il en soit, comme personne n’en sort jamais grandi, il ne faut pas hésiter à porter plainte pour que cette tradition initiatique disparaisse une bonne fois pour toutes. Florence PENSONNI. (www.lepetitjournal.com) vendredi 26 septembre 2008
En savoir plus Le dossier complet de RTL qui a révélé l’affaire Figaro : Bizutage : «des pressions pour ne pas porter plainte» Le site de "SOS Bizutage"
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