| Ecrit par Mario Gonzalez,
le 03-10-2008 00:00
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Le dernier attentat perpétré par des narcotrafiquants présumés dans la capitale de Michoacan, Morelia, le jour de la fête d’indépendance du Mexique, constitue un tournant tragique dans la stratégie des Cartels de la drogue mexicains pour remporter définitivement le bras de fer qui les oppose aux autorités 
Attentat dans la ville de Morelia (Source Olganza.com) Le Mexique a été endeuillé par cette attaque, qui a vite été qualifiée de ‘’terroriste’’, laissant penser que le narcotrafic est entrain de négocier un virage dans sa tactique d’affrontement pour étendre ses tentacules à tous les niveaux de pouvoir au Mexique, y compris le pouvoir politique. Le choix du lieu de l’attentat est doublement significatif : Michoacan est la première région qui a vu le lancement de l’offensive des forces de l’ordre contre la production et le trafic de drogue. Mais aussi parce que c’est la région natale du président Felipe Calderon, premier chef d’Etat mexicain qui déclare ouvertement la guerre aux Cartels de la drogue, avec un objectif ambitieux d’en finir avant la fin de son mandant en 2012. Le choix de la date est également très significatif : le jour de la fête de l’indépendance, le 15 septembre. Les auteurs de cette attaque ont poussé la sophistication et l’audace jusqu’à choisir le moment du fameux ‘’Grito de la independancia’’ (Cri de l’indépendance) pour perpétrer leur forfait. La perplexité et le deuil ont été visibles le lendemain de l’attaque sur les visages des responsables mexicains et du commun des mortels, tellement la cible, des citoyens innocents dont des mineurs, était jusqu’à présent inimaginable pour le plus pessimiste des mexicains. Tous les commentateurs s’accordaient, des jours plus tard, que cette attaque n’est que le prélude d’une nouvelle stratégie du narcotrafic, laissant présager des jours sombres si le gouvernement et la société ne réagissent pas rapidement et vigoureusement pour y mettre un terme. En effet, les réactions au Mexique et à l’extérieur ne se sont pas faites attendre. Elles convergeaient toutes vers la condamnation la plus énergique et le rejet total de ces agissements, qui visent à mettre main basse sur le pouvoir politique, à telle enseigne que certains commencent déjà à évoquer un ‘’narco-Etat’’ au Mexique, à l’image de ce qui prévalait en Colombie dans les années 80. Cette attaque sans précédant, prenant pour cible des civils, vient s’ajouter à une série d’enlèvements qui ont secoué pendant l’été tout le pays, dont le cas le plus emblématique a été celui du rapt, suivi de l’assassinat, du fils de l’homme d’affaires Alejandro Marti, propriétaire, entre autres, de la chaîne des magasins de sport qui portent son nom. Selon un décompte officiel, révélé mardi 23 septembre par le quotidien Excelsior, la police a arrêté, depuis 2001, quelque 900 personnes impliquées dans le rapt de personnes contre demande de rançon. Le plus dangereux, souligne le journal, est que parmi ces criminels, 56 étaient des policiers ou des militaires qui ont reçu un entraînement adéquat pour lutter contre le crime organisé. Il s’agirait sans doute de la tâche la plus difficile à laquelle devra s’atteler le pouvoir si réellement il veut en finir avec le crime organisé : combattre d’abord la corruption dans les rangs de la police. Mario GONZALEZ. (www.lepetitjournal.com - Mexico) jeudi 25 septembre 2008
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